NOUVELLISTE. Art. XXX. 291
vous-mèine. Les plaisirs que vous lui procurerezferont plus d’impreffion que les soupirs que vouspousserez pour elle. Un Homme qui la divertielui paroit un Objet aimable un Homme qui lan-guit ne lui paroit qu’un Objet de pitié.
Pour faire sentir les effets de cette differenteconduite, j’ai produit deux Lettres qu’une Damem 3 a communiquées. Elles lui ont été écrites pardeux Meilleurs qui lui faisoient la cour, & quiont péri a la bataille à’Almanza. La veille de cet-te fatale journée , ils écrivirent Pun & l’autre àleur Maîtresse commune. Un de ces Messieurs,nomme Cireless , étoit un de ces Hommes de bon-ne humeur, mais indolens, qui prennent le temscomme il vient. On le jugerait à la maniéré dontfa Lettre est pliée ; cela s'est fait si negligemmentqu’on la pourrait lire presque toute entiere íànsl’ouvrir. Quoiqu’il en soit, la voici.
MADEMOISELLE,
Oest une chose fort plaisante qidau moment ou jedevrois songer à la bonne Compagnie que nous devonsrencontrer en un jour ou deux pour nous bourrer, jevais penser à pane belle Ennemie que j’ai en Angleterre.Je croyois votas avoir laijsée dans ce Paì's-là; mais voussuivez P Armée , quoi que j’aie eu recours à quelques .unes de nos O âmes suivantes pour vous faire quitter luCampagne. Tout ce qui me console , c’est que vousincommodez encore plus mon Colonel que moi. Je vouspermets de me rendre visite de loin à loin} mais vousêtes nuit & jour avec lui. Je m’en moque à son nez,autant que fa gravité me le peut permettre , & je fai
T % bien