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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXX. 291

vous-mèine. Les plaisirs que vous lui procurerezferont plus dimpreffion que les soupirs que vouspousserez pour elle. Un Homme qui la divertielui paroit un Objet aimable un Homme qui lan-guit ne lui paroit quun Objet de pitié.

Pour faire sentir les effets de cette differenteconduite, jai produit deux Lettres quune Damem 3 a communiquées. Elles lui ont été écrites pardeux Meilleurs qui lui faisoient la cour, & quiont péri a la bataille àAlmanza. La veille de cet-te fatale journée , ils écrivirent Pun & lautre àleur Maîtresse commune. Un de ces Messieurs,nomme Cireless , étoit un de ces Hommes de bon-ne humeur, mais indolens, qui prennent le temscomme il vient. On le jugerait à la maniéré dontfa Lettre est pliée ; cela s'est fait si negligemmentquon la pourrait lire presque toute entiere íànslouvrir. Quoiquil en soit, la voici.

MADEMOISELLE,

Oest une chose fort plaisante qidau moment ou jedevrois songer à la bonne Compagnie que nous devonsrencontrer en un jour ou deux pour nous bourrer, jevais penser à pane belle Ennemie que jai en Angleterre.Je croyois votas avoir laijsée dans ce Paì's-; mais voussuivez P Armée , quoi que jaie eu recours à quelques .unes de nos O âmes suivantes pour vous faire quitter luCampagne. Tout ce qui me console , cest que vousincommodez encore plus mon Colonel que moi. Je vouspermets de me rendre visite de loin à loin} mais vousêtes nuit & jour avec lui. Je men moque à son nez,autant que fa gravité me le peut permettre , & je fai

T % bien