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LE PHILOSOPHE
très-peu ce que l’on peut dire de moi à cet e'gard.Une Lettre que j’ai reçue de la Province me faitbeaucoup plus de peine. On m’y apprend queje dois (î peu attendre du secours de ce côté-la,que les uns n’ont pas encore entendu parler demoi, & que les autres ne m’entendent point. Voicila Lettre de mon Ami.
MON CHER COUSIN,
„ Lors que je partis de Londres, je me flattois„ de pouvoir vous être utile en ces Quartiers ,„ & de vous y procurer d’habiles Correspondans.„ Mais, à ma grande surprise, je trouvai que vos„ Ouvrages y étoient inconnus, & que les Exem-,, plaires que j’y avois porté étoient les premiers,, qui y eussent paru. Je les fis courir de Maison,, en Maison, & toutes les personnes qui les lu-„ rent me demanderent que je leur expliquasse„ ce que vous y vouliez dire. Je me mis en,, devoir de leur en déchiffrer le mystère , en leur„ nommant les gens que l’on a crû que vous a-„ viez en vûe dans les Portraits que vous y faites.,, J’y ai perdu mon tems & ma peine , & l’on,, n’a ici aucun goût pou» toutes ces choses - là.,, Si vous m’en croyez, vous bornerez à la Ca-„ pitale l’étendue de votre réputation. Le bel Es-,, prit est un mérite local, qui se dissipe & qui,, s’évapore, lors qu’il paflè certaines limites.
,, Cela étant, je fuis à cette heure obligé de ne„ rien dire dans les Compagnies, & tous ce que,, j’y fais est de noter les belles choses qu’on y„ dit afin de vous les communiquer. J’ai été ce
soir
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