304 LE PHILOSOPHE
„ de (a) Milton , & de Visionaires semblables. Ce„ n’est pas qu’un Amant qui s’entend en Metapho-,, res, ne pút faire venir à ses fins, tout ce Ga-„ limathias d’idées, s’il lui étoit permis de les ex-„ pliquer à fa mode. Mais la Belle s’obstine à,, prendre tout cela littéralement. Elle voudrait„ être Chérubin , ne prenant pas garde que, fi„ elle vaut quelque chose, c’est parce qu’elle a5, un Corps en chair & en os. Quand je lui par-,, le, elle m’accuse de troubler ses entretiens a-„ vec la Vérité éternelle. Si je m’émancipe à„ lui toucher la main, elle s’irrite de ce que je„ ne la traite pas comme une Intelligence. Elle,, appelle fa Chaise roulante (b) un Véhiculé. Son„ Echarpe à falbalas passe dans son langage pour„ des Ailes ; l’Habit bleu qu’elle porte est la Re-„ gion azurée qu’elle habite. Ayant à-faire à une„ Maîtresse comme elle, c’est un malheur pour„ moi d’ètre ce que je fuis, haut de six pies &
„ demi,
Moor, qui est ici designé, je ne sai qui peut être ce Thé-ologien Philosophe; car ce n’est point le Dr. Jean Moore,successivement Evêque de Norwich & d’Ely, mort depuiipeu d’années.
(a) Jean Milton fameux Poëte Anglois, né en 1608. âcmort en 1674. , a rempli son Poème, intitulé le Fafadiiperdu, de tant de Métaphysique, de Spiritualités, de Com-bats d’Intelligcnces &c. qu’à mon avis quelquefois ii en estintelligible. D’ailleurs le Poème est excellent dans lesEndroits où le Poëte est naturel. Mr. Bayle a donné pla-ce à Milton dans son Dictionaire.
(b) Dans l’opinion des Philosophes qui tiennentj la'pré-existence des Ames, ces Ames ont une especc d’envelopp®aérienne, que l’on appelle leur Véhiculé.