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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

locuteurs s’humaniserent insensiblement les uns a-vec les autres, & convinrent d’une seconde entre-vue pour épuiser la matière. Ils se revirent doncie lendemain, & le sujet devenant cous les joursou plus difficile ou plus intéressant, on en vintenfin aux expériences phylìques. Le sentimentde Madoneíle parut le plus raisonnable , & toutesles Filles surent Meres au bout de l’année.

S’il faut du tems pour sortir de la Nature , ilen saut aulìì pour y rentrer. Le Sieur CharlesVigoureux ne doit pas s’impatienter. Qu’il suiveseulement le plan que je viens de lui-tracer; je luiréponds du succès. Les Femmes Philosophes sen-tent leurs petits besoins cDinme les autres. Pour-vu qu’on les laide faire , elles s’enlacent d’elles-mèmes, & trouvent toujours, à quelque heure,de grandes & profondes raisons pour se rendreaux délits d’un Amant tendre & qui se porteLien.

De mon Cabinet le 22. Juin.

On me donne tant de matière que j’appréherc-de de n’y pouvoir pas suffire & de laifler le mon-de presque auffi corrompu que je l’ai trouvé. Jereçois avis de tous côtés que l’impertinente ma-niéré de parler par pointes & par jeu de mots,depuis long-tems proscrite , commence à se réta-blir. Les personnes qui m’en avertilsent souhai-tent que je travaille à corriger cet abus. J’avouéque j’ai déja recueilli bien des choses polir prou-ver qu’il n’est point d’honnête-Homme qui puilseparler de la sorte. Mais je íâi auffi qu’il n’y a

point