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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXXIII. ZI9

l, nager ùn rendez-vous avec moi ; Sc qu’elle lui„ avoit déclaré tout net qu’elle n’en feroit rien,„ à moins qu’il ne jurât de m’épouser ; que n’en„ ayant pú obtenir ce serment , elle ne voyoit

que l’absence qui pût me sauver du péril dont„ j’étois menacée; qu’elle avoit une Maison dans,, la Province où nous pourrions passer tranquil-„ lement la belle Saison, que là je me déférois„ peu à-peu d’une passion qui n’avoit déja que„ trop gagné fur moi; & qu’elle me conjuroit,,, par tout ce que j’avois de plus cher au monde,„ d’accepter l’offre qu’elle me faisoit “. Cetteinvitation fut faite avec tant d’empressement, <5cde démonstrations d’amitié que je la suivis à laCampagne.

Dans renfoncement du Jardin il y avoit uneespece de Labyrinthe , & au milieu de ce Laby-rinthe couloit un petit Ruisseau qui arrofoit unBerceau couvert de Jasmins. C’étoit dans ce lieusi paisible, & íì agréable, que je passois presquetous les jours, m’occupant à la lecture de quel-ques Romans ou de quelques Poésies. Je ne sor-tois de ma retraite que lorsque la lumière com.mençoit à me manquer. Un soir que la fráicheurdu Zephire, le murmure de l’eau , 8c le chantdes Rossignols, avoient augmenté la douce indo-lence que l’approche de la nuit inspire naturelle-ment, à la fin des grandes chaleurs de la journée,un soir, dis je, que je goûtois cet innocent plai-sir, 8c presque à l’heure que j’avois coutume «sme retirer , quelle fut ma surprise de voir s’avan-cer vers moi ce Seigneur que je n’y attendois pas!Je n’avois pas íïi , jusqu’à ce moment-là, qu’il