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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

peut point la vanité fur un jeune Cœur ? Je medisois d’un autre côté, qu’il n’étoit pas impoííi-ble que ce Seigneur m’aimàt, & que je Paimaísemême, sans que je m’en fusse aperçue , & queje ne ferois pas la première dont la beauté au-roit fait la fortune. On se persuade si facilementce que l’on souhaite , que j’allai me coefFer decette chimère. Je n’avois plus que ce Seigneurdans l’esprit ; pendant la Veille, & dans le Som-meil, à Table, à l’Eglise, aux Promenades, partout & en tout tems , l’Amour ou l’Ambitionme rappelloit cet Objet.

Sempronie , c’étoit le nom de cette Dame, Sem-pronie, dis-je , lut bien, malgré mon silence, ce quise passoit dans mon cœur, & me voyant au pointoù elle me vouloit, elle me proposa un soir, ensortant de l’Eglise, d’aller faire un tour au Parc deSt. James. Je l’y suivis, & nous n’y avions pas étélong tems que le Seigneur vint passer auprès denous. Jamais je ne fus plus émue. Mon visageétoit tout en feu. Ma Compagne, qui m’exami-noit, saisit cette occasion de me donner de nou-veaux avis & me dit, vous n'avez pas oublié , Ma-demoiselle , la peine que me firent les regards que vouslanciez fur cet Homme , lors que je rri’en jus apperçue.Vous savez ce que je vous en dis alors. Pardonnez-moi la liberté que je prends dy revenir. J : 'avois pourvotre defunte Mere , une afi'e&ion ft tendre que je nefaurois que veiller un peu fur votre conduite. A la fa-veur de cette obligeante préface, elle prit un airfort sevére, & me dit en substance, ,, que cet„ Homme étoit dangereux, - qu’il necherchoit qu’à„ m’abuseri qu’il l’avoit souvent priée de lui mé-

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