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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

me. c . Une Dame de ma connoissance a retiré saFille d’une Ecole de Dante où elle apprenoit très-bien, pour la donner à un autre Maitre, parceque ce dernier a eu le bonheur de mériter cettePratique par le malheur qu’il a eu de se casserune Jambe, que le Chirurgien a -si mal remise,que cet Homme-là ne peut plus danser.

De mon Cabinet , le 13. Juillet.

Je reçois souvent des Lettres fans seing , danslesquelles les gens, qui me les écrivent , se plai-gnent de ce que j’ai voulu parler d'eux dans telou tel endroit de mes Feuilles Volantes. C’estpour moi une mortification véritable; car j’y vois,avec douleur, que les Caractères , que je trace,ne font pas chimériques, puis que les personnesqui s’y reconnoissent, prouvent, par cela même,qu’il y a , dans le monde , plusieurs Originauxdes Copies que j'avois tirées. En ceci pourtanton me traite avec aulli peu de justice , que jevis l’autre jour traiter un jeune Garçon dans laRue: II distribuoit, aux Passans, des Billets im-primés , dans lesquels un Médecin à secrets an-nonçoit, au Public, qu’il avoit un Specifique ex-cellent pour les maux que Pon gagne dans leslieux de débauche. Tout le monde prenoit deces Billets fans y entendre finesse, & continuoitson chemin. Le malheur voulut qu’il vint unHomme qui avoit perdu da moitié de son nez.Celui-ci ayant pris & lu le Billet, prit le tout poucson compte, & s’imagina qu’on avoit planté - làce Garçon pour lui faire insulte. Comment s’écria-