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LE PHILOSOPHE
„ se mettre dan s une Pension où j’étois, Sc dans„ laquelle on prenoit des gens des deux Sexes.,, 11 m’avoit souvent vue & entretenue aupara-,, vant. Les occasions lui en surent alors plus„ fréquentes , & plus aisées. II en vint plus fa-„ cilement à bout du dessein criminel qu’il me-„ ditoit contre moi. Ma personne enflamma de„ plus en plus ses désirs, & Pétat de ma fortune,„ qui étoit assez médiocre, flatta son esperance.„ Je tins bon pourtant quelques mois. Je ne„ fus tentée ni par les avantages qu’il faisoit lui-„ re à mes yeux, ni par la crainte que j’avois,, quelquefois de tomber dans PIndigence. Mais„ quoique son intention me déplût, fa Galante-„ rie ne me déplaisoit pas , & j’allois toujours„ m’y ossrir. Que les Femmes sont folles ! Quel-„ que groílìere que soit la flatterie, & quelque,, mauvaise opinion que nous ayons du Flatteur,„ les Douceurs nous en sont toujours agréables ,„ Sc nous aidons nous mêmes à nous tromper.„ Seduite ainsi par mon propre Cœur , je me„ prêtai à tous les Tète à Tète que Decìtts me„ demandoit. Enfin il réussit à me perdre, Sc„ me mit dans cette Maison oú je ne suis que„ comme fa Prisonnière. Depuis le moment fa-„ tal que j’eus renoncé à mon Innocence, mon„ adorateur est devenu mon Tyran. 11 ne me regar-„ de plus que comme une Esclave reservée à ses„ plaisirs sensuels. II veut que je sois parée ,,, non parce qu'il me considéré , ou qu’il m’aime,„ mais parce que ces Ornemens relèvent ma Beau-„ té naturelle, & raniment fa Paísion languissan-„ te. Je ne sai à qui recourir dans mon mal-
„ heur