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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XII. 55

„ tilitez, & tout Homme qui contrefait le triste,, sans Pètre , est encore plus infuportable que,, celui qui veut paroître gai quand il ne Pest„ pas.” II s’étendit beaucoup là dessus, & ajou-ta diverses choses, qui étoient fort vives, maisqui ne me persuadèrent point. Le seul égardque j’y eus, à mon retour, fut d’ouvrir Sha^es-pear, comme il me Pavoit conseillé. Le hazardme fit tomber sur le Henri IV. de ce Poète. Dansla Scene où Morton se présente pour annoncer auComte de Northumberland la mort de son Fils,ce Vieillard devine , comme par un secret, pressen-timent ce qu'on lui va dire , & s’écrie :

Ah ! Morton , quel malheurM 1 annonce de ton air /’effrayante Valeur ?la bouche ne pourroit nìen dire davantage.

Tel fut le Messager , jujìe Ciels quel présagé !

Qui vint faire à Priam le funefle récit . ‘

Des tragiques horreurs de cette affreuse nuitOú ft chere' Ilion par les Grecs fut détruite.

A son abbatement , à fa Voix interdite,

Priam comprit d’’abord qu'lìion ri’étoit plus.

Ah! Morton, je le lis dans tes regards confus.Mon Fils ejì mort ! Qujest il besoin de me le dire ?Mon Fils ejl mort. Tes yeux ont trop ft sríen infruire.

II y a certainement beaucoup de Noblessedans cette peinture. Cependant on y voit encoreun Homme qui s’excite à de plus grands regrets& qui se possede assez pour courir après les com-paraisons. Mais lors qu’il est assuré de la mortde son Fils, il ne se possede plus, il perd tout

goût