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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

IZ6

goût pour ne la pas souhaiter , & à la prendrepour Compagne , les plus difficiles s’en seroientcontentes.

Les beautés de la Femme disparurent bientôtdans la jouiííànce, & les agrémens de la Compag-ne ne purent tenir contre la mauvaise humeurde l’Epoux. C’étoit un de ces Débauchez quin’estiment le Sexe que par un seul endroit ; àqui la Femme même ne plaît qu’autant qu’elle estnouvelle, & qui par conséquent la négligent dèsqu’elle a perdu pour eux les grâces de la Nou-veauté. En peu de Mois Osmin ne trouva plusrien de piquant dans la personne d’Eltnire. SaConversation même, toute riante, & toute spiri-tuelle, lui devint importune. Ce n’est pas qu’ilne lui sentit toujours un extrême mérite , maisenfin ce mérite même le chagrinoit. (a) Ma fem-me, dìsoit-il un jour en confidence, à l’un de sesintimes, ma femme est fi fidele, fi bonne, fi vertueuse ,elle est fi fort tout ce qu il vous plaira de plus parfait ,qdelle me paroit plus propre à inspirer de Festime quede la tendre fie , tff f avoue que je me sens pour elleplus de refpeB que d'amour.

La condition des gens mariez n’étant jamaisni heureuse ni malheureuse à demi, ces deux per-sonnes se devinrent enfin réciproquement les Ob-jets les plus insupportables du monde. Ils ne sele témoignèrent pourtant pas d’abord. Dans ces

com-

(a) On impntoit à certain Seigneur Anglois qui a pré-sent erre obscurément dans l’Europe , de dire quelquefoiscn parlant de son Epouse, qui étoit effectivement du plusrare mérité, qu’elle n’avoit d’autre défaut que celui d’ètrefa femme.