NOUVELLISTE. Art. XFI 1 I. 137
commencemens de froideur, ce fut des deux par-tis à qui se feroit le plus de civilités apparentes.Sur mille petites choses ils se faisoient des excu-ses qui trahiisoient, malgré qu’ils en eussent, Pin-diHerence de Pun & de Pautre. Après avoir passéquelque tems dans ces honnêtetés gênantes, ils envinrent à être d’avis différent fur les moindresbagatelles. Toutes les bienséances se réduisirentalors à certains peut-étre qu’ils faisoient entrer partout , en forme de compliment. Je voudrois bienaller au Parc , disoit la Dame, mais peut-étre, Moncher , aurez vous besoin de Carojse j je feubaiteroisvous mener ce soir à la Comédie , disoit le Mari, àson tour, mais peut-être qiPune Reprise d'Ombre chezvôtre Voisme vous fera plus de plaisir. Comme ilsavoient tous deux beaucoup de discernement,ils ne tarderent pas à s’appercevoir que cette ap-parence de Politesse ne cachoit qu’un éloignementtrès-réel.
II y a certainement des cœurs qui font inca-pables d’un attachement pur & solide. II y sautdes dispositions naturelles, comme pour la Poé-sie. Osmin qui reconnut bientôt que ces dispositi-ons lui manquoient, tâcha d’y suppléer par lesRéflexions. II ne negligea rien pour corriger sonpenchant. Pour rallumer sa flamme éteinte, il serappellok íàns cesse le mérite personnel de sa Fem-me , les obligations qu’il lui avoit , & l’estimequ’en faisoit tout le monde. II étoit confus &mortifié d’être le seul qui ne pût la souffrir. Maisvoilà notre malheur. Le Cœur-Pemporte souventsur PEsprit, & PEsprit n’a que peu de pouvoir sur leCœur. Les vertueux efforts de PEpoux lui furent
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