LE PHILOSOPHE
182
„ prendrez la défense des affligez, souvenez vous„ que je fuis du nombre. Je me servirai tou-,, jours de lui-même pour vous obliger à m’ac-,, corder cette grâce : je vous assure que vous„ me la devez. Car je fuis, Mademoiselle, vo-„ tre &c. “. Vous voyez bien que Car est mis hi-deux fois pour badiner seulement , à point du tout pourraisonner.
Martins étourdi de tout cela , lui a réponduqu’il admiroit cette profonde érudition , & qu’il rì avaitpas lui-même ajjèz de savoir pour bien comprendre àquoi tendait ce qu'on vernit de lui dire. Cette spi-rituelle Dispute , qui a diyé encore longtems m’afait faire réflexion fur la disserente capacité deshommes, & je n’ai pû remarquer, fans surprise,que l’on puisse pecher contre le bon sens avectant de diversité, que les uns le font comme entriomphe, pendant que les autres ne le font enquelque façon qu’en tremblant. Martius est com-me un Aveugle qui pour marcher leve la jam-be beaucoup plus haut que les autres, & Com-rna ressemble aux courtes Vues qui craignent demettre un pied devant l’autre. Le premier est:un ignorant dont la sottise divertit, & qui ne sedécontenance de rien : Àu lieu que le second ,qui croit savoir quelque chose se deferre si aisé-ment qu’on n’a pas le courage d’en rire. LeurConversation m’a confirmé dans la pensée quel’Etude ne fait que fortifier nos dispositions natu-relles. Lsimpertinent en tire le malheureux dés-avantagé d’avoir plus de moyens differens de mon-trer ce qu’il est ; & l’homme de bon sens n’en devientque plus judicieux par le bon usage qu’il fait deses lumières; aquises AR.