288 LÎE PHILOSOPHE
,, Vous avez raison, dit Molière. Sortez d!ici, Co-„ quins, que je ne vous assomme, ajouta-t-il en s 5 a-„ dressant à ces pauvres gens , & paraissant en„ colere. Je vous trouve bien hardis de vous opposer„ à de fi belles aBions. Ils se retirèrent marqués„ de quelques coups d 5 Epée.
„ Comment, Mejfieurs, poursuit Molière aux,, Débauchez , que vous ai-je fait pour former un fibeau projet fans srìen faire part! Quoi ! vous vou.„ lez vous noyer fans moi ? Je vous croyois plus de„ mes Amis. Il a raison , dit Chapelle, voilà une„ injufiice que nous lui saisons. Vien donc te noyer„ avec nous. Ob! doucement, répondit Molière,,, ce rbejì point ici une affaire à entreprendre mal à,, propos. Oejl la dernière a&ion de notre vie. Il„ ri en faut pas manquer le mérité. On feroit ajfez
,, malin pour lui donner un mauvais jour fi nous noies no-„ y ions ss l’heure qrfil ejl. On diroit à coup sûr que,, nous b aurions fait la nuit comme des désespérés, ou,, comme des gens yvres. Saisissons le moment qui nous„ jajfe le plus d’honneur, qui réponde à notre con-„ duite. Demain fur les huit à neuf heures du ma-„ tin, bien à jeun , és devant tout le monde, nous,, irons nous jetter, la tète devant, dans la Bjyiere.,, J"approuve fort fies raisons, dit un d’entseux, (f„ il n’y a pas le petit met à dire. Morbleu , dit,, un autre, j'enrage , Molière a toujours cent fois„ plus d!esprit que nous. Voilà qui est fait , remet-,, tons la partie à demain ; & allons nous coucher, car„ je m’endors. Sans la présence d’esprit de Molie~„ re, il feroit infailliblement arrivé du malheur,„ tant ces Messieurs étoient yvres , & animés„ contre ceux qui les avoient empêchés de se», noyer. Je