NOUVELLISTE. Art.) XXXIV. 293
seule chose, & que dans la moindre partie? Se-roit-il possible que leur vin fût toujours si sage ,si régìlé , si maître de lut même que les absensn’en souffrissent jamais? On me Paffirmeroit soussermeint, que je ne le croirois pas , & cela sur-tout iquand je fais réflexion fur le tour de la Let-tre qu.e j’ai reçuë , je l’ai déja remarqué. La Rail-lerie en est fine & celui qui Pa écrite poflede sibien ce bel Art que je Py reconnois pour monMaître; il a dû pourtant être à jeun quand ill’a composée, & je fuis persuadé qu’il n’y a ré-pandu des taches de vin que pour m’en imposer.Mais enfin un Homme qui enfonce si adroitementle Poignard , quand il est dans la Sobriété , ne lau-toit naturellement résister à la tentation des failliesquand il est avec ses Compagnons de débauche,& je fuis fort trompé si lui & ses Associez nefont goinfres que pour manger & pour boire.
Dans cette pensée , il m’étoit d’âbord venudans Pesprit, de leur demander en grâce, d’ètreadmis, un jour , à leur Compagnie. Je les au-rois épiés d’assez près pour en découvrir le fort& le foible , & je ne doute point que je ne leureusse fait rompre leur Vœu de Taciturnité. Lemoindre avantage que j’eusse pu retirer de cettefaveur , si l’on me l’avoit accordée , auroit étéde pouvoir sermonner les Confrères. Quelqueobstinez qu’ils soient à se taire , la Loi ne meregarderoit pas parlant tout seul, je ne pourroisqu’être bien écouté. Mais comme on Pa dit, entoutes les Langues, les secondes Pensées sont sou-vent les meilleures. De nouvelles Réflexions mefirent appréhender pour moi-mème. Qu’auroit-
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