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LE PHILOSOPHE
commode plus de ce qui plaît aux autres. Quel-le qu’en toit la raison , je hazarderai ma pensée.Peut-ètre aulîì qu’il y aura des gens qui la rece-vront avec autant de satisfaction que je la pu-blie.
II me paroît donc fort indigne d’un Philoso-phe, & par conséquent de tout homme de quel-que naissance, de mettre les gens au rang du Vul-gaire, par la feule raison qu’ils se trouvent dansles Etages les plus bas de la vie. A mon avis,c’est par la conduite, par les lumières & par lessentimens qu’on devroit en juger. Quand jevois dans l’Opulence, & dans les Honneurs, unhomme qui se sait des occupations, & qui a despenchans au dessous du plus petit Artisan , jevoudrois bien savoir si cet Artisan, qui sert, detout son pouvoir ses Amis, qui ne surfait pointson travail, & qui se fait honneur de sa Profession,n’est pas beaucoup au - dessus du Gentilhomme ,qui ne vit que pour lui-mëme , qui fait le suffi-sant sans mérité , & qui dans tout ce qu’il dit,comme en tout ce qu’il fait, prétend toujoursl’emporter fur des personnes dont il s’en faut bienqu’il n’approche? Epicîete exprima la chose d’unefaçon bien naïve lors qu’il fit envisager la VieHumaine sous l’image d’une Répresentation deThéâtre. On s’y embarrasse peu qui est le Prin-ce ou le Crocheteur de la Troupe. On y exa-mine seulement lequel des deux joue le mieux leRôle qui lui est assigné. La dissérence des Con-ditions ne distingue solidement les Hommes, qu’au-tant que chacun soutient le Caractère particulierde la sienne. Le Sage ne reconnoît donc qui
que