LE PHILOSOPHE
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qui me connoissent me rendront, une entiere Ju-stice.
Londres 15. Sept. 170p.
„ MONSIEUR,
„ A près avoir lû votre Feuille du 10. de ce,, Mois , j’entrai tout-à-fait dans la pensée où vous„ êtes , qu’il y a très peu de gens qui sachent„ lire & écrire. Quoiqu’il y ait déja trente ans,„ que je roule dans le monde, ceux que je con-„ nois médiocrement capables de Pun & de Pau-,, tre, ne font qu’en très-petit nombre, & ce„,, nombre seroit encore plus petit si je ne m’y„ comptois pas moi-même. II est certain que les„ accompagnemens du Geste & de la Voix, don-„ nent à PEloquence , un grand pouvoir fur les,, Passions , & que fans cela le plus beau Dif-„ cours est froid & fans force. On en vit des,, Exemples bien remarquables dans le diffèrent„ succès des Harangues que fit Ciczron, Pune pour„ Ligarius , & Pautre en faveur de Milon. César ,„ quf avoit déja condamné le premier , ne vint„ à PAudience que par curiosité, & dans la fer-,, me résolution de fe roidir contre tout ce qui„ fe diroit pour le Prévenu. II en fut la stoppe.„ UOrateur le toucha, le désarma , le fléchit, Sc„ le coupable devînt irfnocent. U n'en fut pas,, de inème à Pégard de 'Milon. Cicéron n’étoit„ pas à beaucoup près aussi courageux qu’élo-,, quent. On convient que la Haiangue qu^il pro.„ nonìa dans cette rencontre, e.t Pune des plus
„ belles