LE PHILOSOPHE
ZI2
,, la Censure en Satire. Je ne vous en dirai pas,, davantage, de peur de m’échaufíèr. Je tìnis„ donc en vous priant, pour l’amour-de vous-„ même , de ne pas oublier le Proverbe qui dit,, que, tant va la Cruche à l’eau qu'enjîn elle y de-,, maire. Je fuis tout à vous.
» A. J.”
Je rnsembarrasse peu du Proverbe de la Cru-che; mais on ne me pardonnerait pas d’ètre in-sensible à des plaintes si vives, & en apparenceíi retenues. J’y répondrai en un mot que si l’Au-teur de cette Lettre peut me donner une feulepreuve de fait , par laquelle il paroisse que j’aiattaqué d’honnètes Gens, ou pris pour objet demes railleries , des choses qui ne le méritoient pas,non feulement j’en ferai Amende honorable, toutautant que cela se peut faire dans mon Ecrit,mais qu’auflï j’abandonnerai absolument cet Ou-vrage.
II est certainement bien triste, pour toute sor-te de gens, de se voir injustement exposés à descoups qui peuvent porter contre la fortune com-me contre l’honneur ; mais il faut dire aussi qu’ily a des personnes si excessivement modestes ,qu’elles prennent, pour elles-mêmestoutes lesréflexions que l’on fait, fans en excepter les plusgénérales & les plus innocentes. Ces perfonnes-là font à plaindre, & je n’y vois point de re-mede. J’ai souvent remarqué qu’elles se font l’ap-plication de mille choses qui ne les regardent enaucune façon. J’ai même vû qu’un homme pleind’elprit, de bon sens, Sc de vertu a pris pour