NOUVELLISTE. Art. XXXVI. z,z
son compte un de mes Avertissemens où je peig-nois un Caractère tout opposé. Que dire à cela ?Ceux-ci sont si remplis de bonne opinion d’eux-mèmes , qu’ils ne se reconnoissent point dansleur propre peinture , & ceux-là portent si loinPhum.ilîté qu’ils se trouvent dans la peinture desautres.. Comment m’y prendrois-je pour empê-cher <que ces derniers n’interprêtent mal mes pa-roles? Le seul expédient que j’y voye est de chan-ger de stile. Rien ne me sait tant de peine quede chagriner des personnes , que leur Vertu merend estimables. Rien aullì n’est plus contraire àmes intentions. Cela est si vrai qu’en leur faveurj’abjurs pour un mois la Satyre. On verra queje puis me soutenir sans elle. Pendant ce tems-là j’abandonne , à leur sens réprouvé , les Che-valiers dTndustrie, les Fats, les Pédans, les Fan-farons, les Insolens , & pour tout dire en un mot,les Fripons & les Sots. Pendant ce tems-là parconséquent je ne parlerai plus que pour donnerde Penceris. A moins donc que l’Auteur de laprécédente Lettre n’ait eu dessein de me réduiretout-à-faìï au silence , il aura lieu d’être contentde ma docilité,' car je me propose, un mois en-tier , de n’ouvrir la bouche que pour tirer del’obscurité le Mérite, que pour défendre la. Ver-tu opprimée, & que pour ne combattre les Vi-ces que par Péloge des Perfections opposées.
De la Maison de GUILLAUME,le 20. Septembre.
En arrivant ici on m’y a rendu la Lettre siiivan-te, qui m’y avoit été adressée.
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