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LE PHILOSOPHE
passoiert leurs momens , pour se rendre mutuel-lement la vie agréable. 11 apprit qu’ils ne se di-soient yas un mot qui ne sût obligeant, & qu’ilsne faiscient pas la moindre chose qui n’eût pourobjet da se faire plaisir l’un à Pautre. Une féli-cité si are alluma sa coiere. La félicité de PEm-pereur étoit fort au delsous de celle de ses deuxSujets. Ce fut, à ses yeux, un crime de Leze-Majesté. Pour punir le coupable on écrivit àPEpouî un Billet, conçu en ces termes:
„ P dus, je vous ordonne de vous ôter la vie,„ à vois-mème. Comme je n 3 ai rien ouï dire„ de vaus qui ne soit à votre honneur je vous„ pernrets de choisir du Poignard, de l’Epée ou,, du Foison. Si dans une heure la chose n’est„ pas dite, j’ai commandé qu’on vous fasse ex-„ pirer fur la Roue.
„ NERON.
Ce BUet doux, en forme de Lettre' de Cachet,fut rems à la Femme qui Rouvrit, & le lut. IIn 3 y a qie les Personnes qui connoissent bien tousles moivemens de la Pitié, de l’Amour , & dePIndign;tion , qui puissent se faire quelque idéedes con bats violens que cette Lecture excitadans le cœur de Pinfortunée. Des gens, qui fontnés fan? tendreiie, auroient autant de peine à leconcevtir, qiPun ignorant à comprendre des Pro-blèmes de Mathématiques. Mais les autres semettent aisément à la place d ’Arrie , & sentent,pour ele, mille choses plus déchirantes les ti-nes que les autres, & qu’aucune Langue ne sau-roit expimer. U me semble que je la vois, les
yeux