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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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348 LE PHILOSOPHE

nous? Le joli Emploi que l’on donne à un As-tronome , lorsqu’on le veut ériger en Substitutd’Entremetteuses ! Serviteur au Galant, & à laMaîtresse. Ils n’ont qu’à faire connoissance, s’ilsveulent. Qu’ils cherchent d’autres gens que moiqui s’en mêlent.

Peu s’en faut que je ne renvoyé de la même•maniéré le Sr. jocrijse qui m’écrivit l’autre jourpour avoir mes Avis fur l’état présent de fa For-tune amoureuse. II me dit, dans fa Lettre, qu’ilne peut jamais voir fa Maîtresse qu’en tiers avecune Parente, qui ne l’abandonne jamais, que laParente est une de ces Filles adroites & enjouées,qui fe plaisent à tourner en ridicule toutes lesPallions qu’elles n’ont pas allumées ; qu’elle eutil y a quelque tems, la malice de lui demanderen face, s’il ne trouvoit pas fa Cousine, qui étoitprefente , fort belle , que cette question l’ayantdéconcerté, elles en jetterent toutes deux de grandséclats de rire; qu’enfuite reprenant la parole, elleajouta que fa Cousine le trouvoit aussi fort ai-mable , mais ne pouvoit lui promettre de Tète-àTète; qu’il n’avoit donc qu’à faire fa déclarati-on devant elle , qui étoit la meilleure de fes A-mies, & que la Cousine elle-mème s’y attendoit ;que la Cousine rougissant & embarrassée parut ef-fectivement s’attendre à quelques Fleurettes; qu’ildemeura interdit, & qu’après quelques momensde Scene muette, les grands éclats de rire revin-rent de plus belle. Le pauvre jocrijse me prie là-dessus de lui dire ce qu’il doit faire. Voici le seulconseil que j’ai à lui donner. Qu’il procure unGalant à la Confidente. II ne la gagnera pas au-trement.