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PRE'FACE.
L A Géographie n’a pas besoin d’éloges. Ceux,j que je pourrai lui donner ici, seroient inu-tiles , & paroitroient suspects. Un Auteurou un Editeur doit s’assurer, autant qu’il est pos-sible, de la faveur du public, en mettant un livreau jour. Mais c’est le livre même, qui doit mé-riter ce faveur. La briguer dans une préface,c’ést demander son paiement d’avance ; c’est pren-dre le public éclairé pour dupe ; c’est l’avertir se-crètement de se mettre en garde contre une espècede Charlatan , qui prône les vertus de ses dro-gues , pour les convertir en espèces sonnantes.Laissons ces artifices à ceux, qui débitent des His-toires galantes , des contes fabuleux , des avan-tures romanesques , & d’autres livres pareils,fous le poid dcsquels le monde gémit depuis iong-tems.
Un traité de Géographie , tel que celui, quel’on donne ici au public , peut se produire sansrecommendation. La Géographie est déjà en el-le-mème, & a été dans tout le tems d’un goûtuniversel , parce que l’agréable réuni à futile aseul le droit d’emporter les suffrages de tous leshommes , & de s’affranchir de leur inconstance.Ne pourroit-on pas dire, que cette science par-ticipe en quelque sorte à la nature de l'on sujet,& qu’étant une description de la terre l’estime ,que l’on en fait, estauisi constante , que les lieuxqu’elle décrit, sont fixés dans leur situation ? IIest peu d’hommes, qui fur la définition , que vousleur donnerés de la Géographie, ne se sentent dupenchant à en avoir quelque teinture. L’hommele moins pensant sait, qu’il est Cosmofûlitain,ou bourgeois du monde , & de la naît une curio-
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