P B. E' F A C E.
site naturelle de connoitre le lieu, que le Créa-teur nous a aíïigné pour habitation. II issi aaujourd’hui presque personne , qui ne lente lanécelîité aussi-bien , que futilité de la Géogra-phie. Aulíi voit-on s'appliquer également à cettebelle science & les gens de lettres, & ceux, quin’cn font point profession. Pour les prémices,ils le font par des raisons bien naturelles. Smscette connoilsancé le Théologien ne sçauroit éclair-cir une infinité de passages de l’Ecriture Sainte.Le Jurisconsulte se trouve à tout moment arrêtédans l’étude de l’histoire, qui est si nécessaire audroit public. Le Médecin ne sçauroit se mettreau fait de la Botanique , de la différence des cli-mats , qui influe si fort liir le corps humain ; nide la différence & de la nature des herbes & cesremèdes étrangers. Le Philosophe , qui doit em-brasser toute la nature & tout ce qui est du res.sort de l’esprit humain, ne connoitroit pas mêmece globe , qu’il habite.
Venons aux personnes non-lettrés. Le mar-chand par exemple, qui n’aura pas pour le moinsquelque teinture de cette science , ne peut faireIon commerce , transporter ses marchandises d’u-ne manière commode & avantageuse. Le simpleartisan mème ne peut guères s’en passer de nosjours fans inconvénient. Les gazettes, qu’il n’en-tend point, l’ennuïent; ce font des mystères, oùil ne volt goutte. Se trouve-t-il dans des cer-cles, où l’on se met sur les affaires du teins, ilrestera muet, comme une statue, s’il est sage ;sVvise-t-il d’en raisonner avec les autres, il feraun personnage ridicule. Enfin on est si bien per-suadé de l’importance & de la diversité des avan-tages , que nous procure la Géographie, qu’enFrance & en Allemagne les parens intelligens yfont instruire leurs enfans de l’un & de l’autre sexe.
Bien