PRÉFACE.
Bien plus, Phommeest un animal sociable, & l’inclina-tion, qu’il a à vivre avec ses semblables, le porte à étudierleurs mœurs & leur genie. Ce désir, que l’homme a natu-rellement deconnoîcre le monde A seshabitans,pa:oitaffésdans les efforts, que les Astronomes modernes ont faits pourpénétrer -jusque dans la région des astres. Ils ont poufféleurs recherches si loin, qu’ils prétendent nous avoir donnédes Cartes exactes de la Lune, Continent, Isles, Mers, Lacs,Fleuves, Montagnes, &c. tout y est réprésenté avec sa dé-nomination particulière. Dans peu il ne leur manquera plus,que de pouvoir signer chaque chose par le nom, que les ha-bitans de la lune lui donnent dans leur langage. Mais fansaller après eux chercher des objets, que Dieu a placés horsde la portée de nôtre vúë, contentons-nous de parcourir lasurface de nôtre globe. Ouvt'ons les yeux fur ce qui nousenvironne, & qui nous touche de plus près. C’est-là préci-sément ce qui est du ressort de la Géographie, & qui nous estplus important de savoir.
Pour mettre le Lecteur en état de juger du mérite de cetouvrage & son Auteur, il suffira de dire, qu’il a appris cettescience de son Père, c’est-à-dire d’un Maître qui, après avoirretiré la Géographie de son obscurité par la netteté & la faci-lité de sa méthode, a passé pendant un demi-siècle pour leplus grand Géographe de l’Allemagne. Ses <2 uefiiom Géo-graphiques réimprimées presque chaque annee & traduitesà-peu-près en toutes les langues de l’Europe, font une preu-ve parlante de ce que l’on vient d’en dire. Le fils, nôtreAuteur, a augmenté ses connoiffances héréditaires en quel-que faqon par ses propres recherches. Le présent ouvrageen fait foi. Dès qu’il parut pour la prémière fois, le publicle reqút très-favorablement. En peu d’années on en a faitplusieurs éditions. Enfin on s’est déterminé en faveur desFrançois à en faire une traduction françoise. En y travail-lant on a usé du droit acquis à tout Traducteur de ne pass’attacher trop scrupuleusement aux mots, pourvu que l’onrend le sens de l’Auteur. La langue Allemande admet ungrand nombre de termes, qui chés les François passent pourêtre bas, & peut-être choquants. On a lieu de se flater avoirobligé par-là principalement la nation Françoise, su r-toutaujourd’hui qu’ils marquent plus d’empressement, qu’autrefois, pour connoitre le véritable état del’Allemagne. Elletrouvera ici de quoi se satisfaire, je veux dire > des instruc-tions fidèles & dignes de foi. )( $ Ce