Du Epïaume Espagne. IIÇ
n’y a point d’année où il n’entre en Espagneun grand nombre d’ouvriers Languedociens &Auvergnats qui en sortent, dès qu’ils ont gagnéune certaine somme d’argent.
Parmi les femmes, qui font presque toutes mai-gres , on en trouve peu qui soient indifféren-tes pour les hommes. La plupart ont lesyeux noirs, & le sein affaissé; Elles affectentd’avoir le pié petit, & comme elles portent delongues robes, on voit rarement un de leurssouliers. Le fard est fort en usage parmi elles ;Quand elles vont d’un lieu à un autre, elles setraînent plus qu’elles ne marchent, & quandelles font en visite , elles s’asseïent toutes lespiés croisés fur des tapis étendus fur le plan-cher. Elles ont le bonheur d’être aimées deleurs maris jusques à l’adoration , mais la jalou-sie de ceux-ci est si grande qu’ils les retiennentcomme prisonnières à la maison.
Les hommes, aussi bien que les femmes, ontpresque toujours le même habillement. Leshommes portent ordinairement leurs propres che-veux, & ne les poudrent jamais. Ils portentaussi de longues épées, & on dit qu’elles doiventêtre de la même longueur dans tout le Roïau-me. Ils ne marchent jamais fans avoir un man-teau fur les épaules, une épée avec un poignardà côté, & souvent des lunettes fur le né.
Les Espagnols font naturellement peu préve-nans à l’égard des étrangers : 11s ont des cha-riots de poste où il y a place pour vingt per-sonnes, & qui font traînés par autant de che-vaux. II y a ordinairement, fur chacun de ces
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