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Ils font rarement leurs provisions pour i’ave-nir, & se contentent de ce que la saison leurfournit, observant la maxime de l’Evangile quidéfend d’étre en souci pour le lendemain.
En échange la présomption & la fierté sontles vices dominans de la nation Espagnole; Lesrécits qu’ils font de l’antiquité & de la Nobles-se de leur origine, en sont une preuve. II est peude païsans qui n’aïent une table Généalogiquede leurs familles, & qui ne s’imaginent être Hi-dalgo commo d Rey , noble comme le Roi.
Cette vanité le fait aussi remarquer dans leursmines & leurs contenances : Rien de plus grave& de plus compassé que la démarche d’un Es-pagnol. On dit que le Roi Philippe IV. obser-voit si scrupuleusement sa graudezza Espagnole,que tout étoit immobile dans son corps, excep-té fa bouche & ses yeux. Ce seroit, dit - on,pécher grossièrement contre les règles de labienséance de dire à un mendiant : Allés à Pautreporte , ou: Dieu vous ajjìjle j II faut lui dire:Monsieur , je fuis au désespoir de voir vôtre Excellen-ce dans une ji triste situation. On raconte milleautre traits pour prouver le ridicule qui se trou-ve dans le génie de cette nation : C’est à cetexcès d’orgueil qu’on attribue la paresse danslaquelle presque tous les Espagnols vivent, ilsne travaillent guères qu’à méíure que la faimles y oblige. Dans la feule ville de Madrid ily a plusieurs milliers de François qui se disentBourguignons , & qui, profitant de cette indo-lence, s’enrichissent par le moïen des manufac-tures & des fabriques qu’ils y ont établies, il
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