De t Amérique. f 37
avons déja dit ci-deíTus, que ce Roïaume s’é-tend depuis la Terre Ferme jusqu’au Chili, maisfa largeur ne répond pas à fa longueur, car il neconsilte qu’en côtes, qui dans de certains en-droits n’ont que dix à douze lieues de large.Ce qui est íìtué au Levant n’est rempli que demontagnes. Ces montagnes se nomment Andes.Elles traversent toute l’Amérique Méridionale, &ont, dans certains endroits, juíqu’à cent lieuesde large. 11 s’y trouve quantité de rochers es-carpés, où ni gens, ni bêtes, ne peuvent habi-ter. II y a pourtant en divers endroits quel-ques vallons aisés fertiles & quelques forêts. Laprémière fois que les Espagnols s’avifèrent degrimper fur ces montagnes, il en resta un grandnombre plantés fur le sommet comme des sta-tues , car l'air y est fi épais , qu’ils y perdirenttout-à-fait la respiration. 11 y a même quelques-unes de ces montagnes, fur lesquelles il règneun petit vent si pénétrant, qu’on est transi defroid & mort dans un moment. Si ce ventn’attaque pas le corps entier, mais seulement lesextrémités, comme les doigts, ou lespiés, ils fedétachent & tombent fur ie champ. On trouvaun jour une compagnie entière de cavaliersEspagnols, que ce vent avoit métamorphosés,eux & leurs chevaux , en autant de statues.Ces sortes d’inconvéniens n’arrivent plus aujour-d’hui, parce que les Espagnols, au lieu de pas-ser par les montagnes pour aller au Chili, tontle voïage par mer.
Le terroir de ces côtes est très-fertile du cô-té de la mer, de forte que les fruits d'Europe,L1 s que