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Tome premier. A - AKR.
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XLVIII
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xlviij DISCOURS PRÉLIMINAIRE

couvrir , & on découvre souvent des phénomènes inconnus } âsnil’autre ies faits aussi anciens que le monde existent également danstous les hommes : tant pis pour qui croie en voir de nouveaux. La Mé-taphysique raisonnable ne peut consister, comme la Physique expéri-mentale , qu’à raflembler avec soin tous ces faits, à les réduire en uncorps , à expliquer les uns par les autres, en distinguant ceux quidoivent tenir le premier rang & servir comme de base. En un mot lesprincipes de la Métaphysique , aussi simples que les axiomes, font lesmêmes pour les Philosophes & pour le Peuple. Mais le peu de progrèsque cette Science a fait depuis si long-tems, montre combien il estrare d’appliquer heureusement ces principes , soit par la difficulté querenferme un pareil travail, soit peut-être aussi par Pimpadenee naturellequi empêche de s’y borner. Cependantle titre de Métaphysicien, A mêmede grand Métaphysicien , est encore assez commun dans notre íìecle ; carnous aimons à tout prodiguer : mais qu’il y a peu de personnes véritable-ment dignes de ce nom ! Combien y en a-t-il qui ne le méritent que par lemalheureux talent d’obscureir avec beaucoup de subtilité de$ idées'claires,& de préférer dans les notions qu’ils se forment l’extraordinaire au vrai,qui est toujours simple ? II ne faut pas s’étonner après cela si la plu-part de ceux qu’on appelle Métaphysiciens font si peu de cas les unsdes autres. Je ne doute point que ce titre ne soit bientôt une injurepour nos bons esprits , comme le nom de Sophiste, qui pourtant signifieSage, avili en Grece par ceux qui le portoient, fut rejeté par les vraisPhilosophes.

Concluons de toute cette histoire , que l’Angleterre nous doit lanaissance de cette Philosophie que nous avons reçue d’elle. II y a peut-être plus loin des formes substantielles aux tourbillons, que des tour-billons à la gravitation universelle, comme il y a peut-être un plusgrand intervalle entre PAlgebre pure & l’idée de l’appliquer à la Géo-métrie, qu’entre le petit triangle de Barkow &le calqu! différentiel.

Tels sont les principaux génies que l’esprit humain doit regardescomme ses maîtres, & a qui la Grece eût élevé des statues, quandmême elle eût été obligée, pour leur faire place, d’abattre celles dequelques Conquérans.

Les bornes de ce Discours Préliminaire nous empêchent de parler deplusieurs Philosophes illustres, qui fans se proposer des vuefs aussi gran-des que ceux dont nous venons de faire mention, n’ont pas laissé par-leurs travaux de contribuer beaucoup à l’avancement des Sciences, &ont pour ainsi dire levé un coin du voile qui nous cachoit la vérité. Dece nombre sont : Galii.ee , à qui la Géographie doit tant pour ses dé-couvertes Astronomiques, & la Méchanique pour fa théorie de l’accé-lération ; Harvey, que la découverte de la circulation du sang rendraimmortel; ILuyghens, que nous avons déja nommé, & qui par desouvrages pleins de force & de génie , a si bien mérité de la Géométrie& de la Physique; Pascal, auteur d’un traité fur la Cycloïde, qu’ondoit regarder comme un prodige de sagacité & de pénétration , & d’un

traite