ÙÉSÈDÏtEU&Sl à
traite de l’equiìibre des liqueurs & de la pesanteur de l’air, qu! hòus aouvert une science nouvelle : génie universel & sublime, dont les ta-ìens ne pourroient être trop regrettés par la Philosophie , li la Religionn’en avoir pas profité ; Malebr anche , qui a si bien démêlé les erreursdes sens, & qui a connu celles de l’imagination, comme s’il n’avoiepas été souvent trompé par la sienne ; Boyle, le peíe de la Physiqueexpérimentale; plusieurs autres enfin, parmi lesquels doivent êtrftcomptés avec distinction les Vesale, les SydenhaM, les BOek-HAAVE , & une infinité d’Anatomistes & de Physiciens célébrés*
Entre ces grands hommes il en est un, dont la Philosophie aujduf*d'hui fort accueillie & fort combattue dans le Nord del’Europe, nousoblige à ne !e point passer sous silence; c’estl’illustrc Leibmtz. Quandìl n’auroic pour lui que la gloire, ou même que le soupçon d’avoir par*»tagé avec Newton l’invcncion du calcul différentiel, il mériteroit à cetitre une mention honorable. Mais c'est principalement par fa Métaphy-sique que nous voulons ì’enviíàger. Comme Deseartes , il semble avoirreconnu Piníustìlance de toutes les solutions qui avoient été donnéesjulqu’à lui des questions les plus élevées, fur l’union du corps & del’ame, fur la providence, fur la nature de la matière ; il paro'it mêmeavoir eu l’avantage d’expofer avec plus de force que personne les diffi-cultés qu’on peut proposer fut ces questions ; mais moins sage queLocke & Newton , i! ne s’est pas contenté de former des doutes, il acherché à les dissiper, & de ce côté-là il n’â pèut-être pas été plus heu-reux que Ddcartes. Son principe de la raison suffisante , trés-beautrès-vrai en lui-meme , ne paroít pas devoir être fort utile à des êtresaussi peu éclairés que nous le sommes fur les raisons premières de tou-tes choses ; ses Monades prouvent tout au plus qu’il a vu mieux quepersonne qu’on ne peut Te former une idée nette de la matière , maiselles ne paroiíìcnt pas faites pour la donner ; son Harmonie príctabiiesemble n’ajouter qu’iine difficulté de plus à l’opinion de Deseartes furï’union du corps à de l’ame; enfin son système de £ Optimisme est peut-,être dangereux par le prétendu avantage qu’ìl a d’explïquer tout.
Nous finirons par une observation qui ne paraîtra pas surprenante àdes Philosophes. Ce n’est guere de leur vivant que les grands hommesdont nous venons de parler ont changé la face des Sciences. Nousavons déja vu pourquoi Bacon n’a point été chef de se été ; deux rai-sons se joignent à celle que nous en avons apportée. Ce grand Philo*sophe a écrit plusieurs de ses Ouvrages dans une retraite à laquelle sesennemis l'avoient forcé, & le mal qu’ils avoient fait à l’homme d’Etafn’a pu manquer de nuire à l’Auteur. D'ailleúfs, uniquement occupéd’être utile, il a peut-être embrassé trop de matières, pour que sescontemporains dussent se laisser éclairer à la fois fur Un si grand nom-bre d’objets. On ne permet guere aux grands génies d’en savoir tant;on veut bien apprendre quelque chose d’eux sur un sujet borné : maiáon ne veut pas être obligé à réformer toutes ses idées fur les leurs. C’dlen partie pour cette raison que ies Ouvrages de Deseartes ont essuyéTome t. 4