Band 
Tome premier. A - AKR.
Seite
108
JPEG-Download
 

Î 08 A B O

l’attaquant pour venir à son bord.

Les armes en usage sur nos vaisseauxpour défendre {'abordage, sont le fusil,lapique, & la hallebarde.Celles dont on fesert pour passera l'abordage font le pisto-let , le sabre, & la hache «Parmes ; on lespose fur le pont, & chacun , pour passerfur le vaisseau ennemi, fe munit de cellequi lui convient le mieux. Je trouve eesarmes très. défectueuses ; & je vais mon-trer en gros ce cn quoi elles pechent, &examiner si on ne pourroit pas en fubsti-tuer d’autres plus convenables. Le pisto-let très grand , est difficilement portédans u n passage que l’on fait quelquefoisd’une vergue fur une vergue , où lesdeux mains font alors si souvent néces.sairespours'y tenir ; Llefabre, tel qu’onle fournit, est embarrassant par fa lon-gueur & par son poids t la hache d’armesfeule réunit quelques avantages, maïs jelui trouve des inconvénient encore plusgrands, & on peut avancer, je crois, quetoute arme qu'il faut lever pour frapper,ne vaut point en général une arme quipointe. Lorfqti’on est passé à Vabordage ,le combat n’eft pins un combat fur mer,c’est un combat livré par des fantassinsfur un terrein égal & de plein-pied.Il estimpossible, fans doute, d’y établir unordre égal à celui qu’ohíèrve l’infanteriedans ses batailles ; auffi ne veux-je pasque nos armes ressemblent aux siennes :cependant jetons un coup-d’ceil dessus,& songeons que c’est l’expérience, ceprincipe fúr, qui a amené leurs armesa l’état où elles fout. Jevoudrois doncque les armes pour l ’abordage fussentcourtes, propres à pointer & à couper,& d'un poids qui nc fût point à charge.Telle seroit une lame de dix-hmtpouccsde lorg, un peu courbée & suffisammentépaisse pour recevoir un fil capable decouper, en cas de besoin, un cordage as-sez gros : je voudrois que cette arme ,élongée le long de la cuisse gauche , fûtportée par un large ceinturon, dont cha-que matelot seroit ceint en cas de com-bat ; que le ceinturon eût, déplus, dequoi soutenir un pistolet à deux coupsun peu plus fort feulement que les pisto-lets connus fous le nom de piflolcts de po-che i 8c un petit coutelas fait en formede poignard, tel que les Turcs en por. Itent à leur côté. Ce même ceinturon |

A B O

pourroit facilement porter deux carton»ches de recharge pour recharger le pisto-let en cas de besoin ; & même nnc grena-de que les matelots & soldats lanceroientà leur arrivée fur le vaisseau ennemi,moyennant une petite meche dont ils lè-rotent pourvus. 11 faudroit que ces ar-mes, entretenues par l’armurier «lu vais-seau , eussent toutes ks qualités & latrempe nécessaires pour en faire des ar-mes bonnes 8c bien conditionnées. Avecle pistolet on peut fe défaire d 1 un ennemiqui s’oppofe ,ì votre entrée dans le vais-seau ; & le poignard que je conseille, estune arme qui peut être utile dans letcombats corps-à-corps qui arrivent quel-quefois dans la mêlée. Pour défendrelabordage, je ne crois pas qu’il y aitd’armes meilleures que le fusil avec labayonnette.

La forme actuelle des vaisseaux dontles côtés rentrent beaucoup , & la per-fection de la manoeuvre, ont rendu I’»-bordage fort rare. II seroit bien facile deremédier au premier empêchement ; &je m’étonne qu'on ne l'ait pas déja fait,ptiifqu'il y a des occasions où {'abordageest d'un avantage décidé. ( M. le Cheva-lier de la Coudraye. )

Abordage fe dit aussi du choc des vais-seaux contre des rochers. Nous nousétions pourvus de boute-hors pour nous dé-fendre de labordage des rochers, où nousappréhendions d'être emportés par l'impé-tuosité du courant. ( Z )

§ ABORDER , v. a,, Marine , c’estjoindre & toucher déja un objet. Onaborde un vaisseau $ on aborde une piecede bois ; on aborde une roche. Ce verbe »son paisss, être abordé.

Aborder , verbe neutre, » la mêmelignification : on l’einploie cormne verbeneutre , lorsque la chose que l’on abordeest un point fixe & déterminé, & quel’on aborde avec volonté ce point fixe.C’est en ee sens qne l’on dit : aborder aurivage : saborderai à tel endroit, avantde remonter plus liant dans la rivière ,Êfc. En observant la différence du verbeuborier employé comme actif OU commeneutre, on reeonnoîtra pourquoi les ma-rins disint, selon l’occasiou , aborder unecale, ou aborder à une cale. En effet,quoique dans P un & l’autre cas la choseque l’on abords l'oit un même point, &