Band 
Tome premier. A - AKR.
Seite
109
JPEG-Download
 

A B O

soit tine chose fixe & déterminée, cepen-dant dans le dernier exemple sabordageest volontaire, & dans le premier il estaccidentel.

Les vaisseaux Sabordent quelquefoisinvolontairement, l'oit par mal-adressc,soit par la force d n vent, ou celle decourans opposés, ou même le calme lesporte l’un fur l’autre. Cet événement estpresque toujours accompagné de domma-ges,& est souvent très-dangereux. Qu’onfaste attention à la masse d’un vaisseau ,& on ne fera point étonné que la forcedu choc de deux vaisseaux qui sabordent,loríqu’ils ont acquis un certain degré devitesse, puisse être telle qu’un des deuxcoule l’autre bas.

J’ai dit que le calme pouvoit êtrecompté parmi les causes qui font aborderles vaisseaux ; cela mérite une remar-que pour laquelle je renvoie au metCalme.

Lorsque des vaisseaux font fur le pointde Saborder, on doit toujours, lorsque lachose elt possible, chercher à amortir lechoc,ou même à l’empêcher en s’écartantles uns les autres avec des espares & desboute-hors:ou nc doit même point atten-dre aussi tard pour chercher à éviter sa-bordage; mais il est bon de fe faire re-morquer de bonne heure par ses canotsS. chaloupe, chacun d’un côté opposé.Dans les Frégates on peut gréyer des avi-rons. 11 faut sur-tout avoir cette atten-tion,lorfqu’une lame sourde rendroit sa-bordage plus à craindre par l’agitationqn’elle communique aux vaisseaux, agi-tation qui peut être alors comparée à unevitesse réelle.On volt bien que je ne par-le ici que pour les vaisseaux qui fout encnlme.ou qui ne font point maîtres de di-riger leurs mouvemens faute d’avoir del’air & d’ètre cn marche. Lorsqu’i! y adu vent,que le vaisseau fait route, & quecelui qui le conduit y voit clair , si l’on%'aborde , cc ne peut être que par entête-ment ou par ignorance. Dans le premiercas , il faut fe corriger ; dans le second ,il faut s’instniire.

On dit qu’un vaisseau aborde de boutau corps, lorsque Pavant de ce vaisseaufrappe le côté du vaisseau abordé. Deuxvaisseaux sabordent de iong en long,lorl-qu'i'ls fe joignent côté-à-coté, soit qu’ilsmarchent d u même feus, soit qu’ils majr-

A B O 109

chent du sens opposé. Ils s ’abordent tousles deux par Pavant, lorsque ce font lesdeux avants qui fe choquent ; ils Sabor-àent par Psrriere, par la hanche , Uc.

II est nécessaire à un marin de savoiraborder St éviter Pabordageton a dû s’enconvaincre en lisant cet article & celuiAbordage. II n’est point possible , sur-tout dans un ouvrage comme celui-ci, deprescrire des réglés à cet égard,parce quela manœuvre nécessaire dépend de la po-sition respective des deux vaisseaux,c’est-à-dire qu’elle varie à l’infini. Quel-ques ouvrages citent nu certain nombrede positions , & enseignent la manœuvrequ’il faut alors employer j fans les blâ-mer , je me crois dispensé de les imiter.De telles réglés ne peuvent servir qu’anmarin navigateur; & c’est par l’cxpérien-ceseule,& par l’éttide réfléchie qu’ii doity joindre, qu’il peut se flatter d’acquérirle fonds de science nécessaire pour êtreappliquée au besoin. ( M. le Chevalierde la Coudrayc. )

Aborder an vaijfeau. Les gens demer ne donnent point à ce terme la mêmesignification que lui donnent les gens derivière. Les premiers le tirent du motbord , par lequel ils désignent une partiedu navire; & non de ceint de bord , quife prend pour le rivage. Ainsi aborder, eitMarine , c’est ou tomber fur un vaisseau,ou désigner faction d’ítu bord qui tombefur Pautre. Delâ viennent les mots dé-border, reborder, pour dire, tomber uneseconde fois, Sise détacher des amarres.Lorsque les Marins veulent marquerfaction de gagner le rivage, ils d senttoucher mouches , rendre le bord , débar-quer , f rendre terre, relâcher.

On tâche à'abordcr les vaisseaux enne-mis par leur arriére vers les hanches,pour jeter les grappins aux haubans, oubien par Pavant Si par le beaupré.

Jl y eut un brûlot qui nous aborda àla faveur du canon de Camiral. VoyezBrûlot.

Aborder de bout ait corps ou en belle ,c’est mettre Pépcron dans le flanc d’unvaisseau. Ou dit aussi de deux vaisseauxqui s’apnrochent en droiture, qtiils sa-bordent de franc étable. Voyez Eta-ble.

Aborder en travers en dérivant. Coulerun v ai Jean à f end en Sabordant. Fais-