A B R
I-e premier objet est de Te procurer deseaux â portée du cultivateur: on a deseaux de sources, de réservoirs,de riviè-res , & d’égoûts de grands chemins.
Vitruve est entré dans quelques détailsfur les signes qui peuvent diriger dans larecherche des eaux souterraines. DonBons le précis de ses observations, en yajoutant celles de Palladius, de Pline ,de Casiìodore, du Pere Iíircher, du PereJean-Franqois, &dcB'élidor.
i°. Si en se couchant un peu avant lelever du soleil, le ventre contre terre,ayant le menton appuyé, & regardant lasurface de la campagne , on apperqoit enquelque endroit des vapeurs s’éleverenondoyant, on doit hardiment y fairefouiller. La saison la plus propre pourcette épreuve, est le mois d’Aoùt.
í°. Lorsqu’après le lever du soleil, onvoit comme des nuées de petites mouchesqui volent vers la terre, si sur-toucellesvolent constamment fur le même en-droit , on doit en conclure qu’jl y a del’eau au dessous.
3°. Lorsqu’on a lieu de soupçonnerqu'il y a de l’eao en quelque endroit, ondoit y creuser une fosse de cinq à six piesde profondeur, sur trois pies de largeur,& mettre au fond , fur la si u du jour , un«handeron renversé, dont l'intérieur soitfrotté d’huile : fermez rentrée de cetteespece de puits avec des planches cou-vertes de gazon. Si, le lendemain , voustrouvez des gouttes d’eau attachées audedans du ehauderon, c’cstun signe cer-tain qu’il y a au dessous une source. Onpeut auffi mettre fous le bassin, de la lai-ne, qui, en la pressant, fera juger si lasource est abondante.
4 °. On peut encore , avec succès, po-ser en équilibre dans cette fosse , une ai-guille de bois, ayant à une de ses extrê.mités une éponge attachée. S'il y a del’eau , l’aiguilie perdra bientôt son équi-libre.
ç*.Les endroits où l'on voit fréquem-ment des grenouilles se tapir & presserla terre, fvurniront infailliblement desrameaux dc sources ; de même que ceux#ù l'on remarque des joncs, des roseaux,du baume sauvage, de l’argeutine, dulierre terrestre , du persil de marais &autres herbes aquatiques.
6*. Un terrer» de craie fournit peu
A B R
d’eau & mauvaise. Dans le fable mou-vant , on n’en trouve qu’en petite quan-tité. Dans la terre noire,solide.non spon-gieuse , elle est plus abondante. Les ter-res sablonneuses donnent de bonnes eauxL peu abondantes : elles le font davan-tage dans le sab'on mâle, dans le graviervif; elles font excellentes & abondantesdans la pierre rouge. Polir connoître >Lnature intérieure du terrein , on se sertde tarières. Si , sous des couches de ter-re, de fable, ou de gravier, on apperqoitun lit d’argiìle, de marne, de terre fran-che & compacte , on rencontre bientôt& infailliblement une source ou des fi-lets d'eau.
7 °. Au pié des montagnes , parmi lesrochers &les cailloux , les sources sontpuis abondantes, plus fraîches, plusfaines & plus communes que par-toutailleurs ; principalement au pié des pen-tes tournées au septentrion, ou exposée*aux vents humides. Les montagnes dontla pente est douce , & qui font couvertesd’herbes , renferment d’ordinaire quan-tité de rameaux: de même qu» les monta-gnes partagées en petites vallées, placéesles unes fur les autres : l’afpcct est , ounord-est, ou même ouest , est communé-ment le plus humide.Il n’y a au reste quedes dupes qui puissent être trompés parla baguette divinatoire , & des fontai-niers superstitieux ou charlatans quiosent l’employer.
On peut quelquefois ramasser des eauxpour i'irrigation, en construisant desbassins ou des étangs au pié de quelquegorge , oïl dans quelque ravin, en aidantla direction des eaux par quelque douil-let , ou par de petits fossés.
On ne doit jamais laisser perdre leseaux des grands chemins : souvent, aveeune simple rigole pavée qui traverse lechemin en hiais,on les conduit fur le pré.
Les eaux grasses d’égouts sont si pré-cieuses,qu’il ne Faut épargner aucun soinpour les rassembler. Souvent aussi, avecquelque industrie , on pourroit profiterdes rivières ou des ruisseaux , lors mêmequ’ils paroissent trop bas : il ne s'agìt quede les prendre plus haut par un canal.oitd’élever le lit du ruisseau, ou d'élever leSeaux par des roues & des machines dontquelques-unes coûtent très-peu, soitrétablissement » soit d’entretien.
I 4