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Tome premier. A - AKR.
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La proposition expérimentale de New-ton , que l’on trouve page 145 de sonOptique , édition Françoise in-ìs. , esténoncée ainsi : “ toutes les fois que |„ les rayons de lumière traversent I,, deux milieux de densité defférente , |„ de maniéré que la réfraction de l’un„ détruise celle de l’autre, & que par,, conséquent les rayons émergens soient„ parallèles aux incidens , la lumière,, fort toujours blanche. ” Cette proposi-tion , que l’on l'outenoit obstinément enAngleterre, n’est point vraie ; & c’estce qui a long-temps retardé les progrèsde la vérité.

M. Dollond voulant reconnoître lavérité ou la fausseté de cette proposi-tion , en fit l’épreuve de la maniéré queNewton indique lui - même dans un jjprisme d’eau renfermé entre deux pla-ques de verre, le tranchant tourné enbas, il plaça un prisme de verre, dontle tranchant étoit en haut ; & commeil avoit disposé les plaques de verre ,de maniéré que leur inclinaison pût êtrechangée à volonté, il parvint facilementà leur en donner une , telle que les ob-jets regardés au travers de ce double

Ï irisme , parussent à même hauteur queorsqu’on les regardoit à la vue simple ;ce qui apprenoit que les deux réfractionss’étoient mutuellement détruites ; ce-pendant, au contraire de ce qu’avanqoitNewton, les objets se trouvoient teintsdes couleurs de l’iris, comme on faitque le font tous les objets qu’on re-

f ;arde au travers des [prismes. M. Dol-ond fit ensuite mouvoir de nouveau lesplaques du prisme d’eau , jusqu’à cequ’il leur trouva une inclinaison telleque les objets regardés au travers desdeux prismes, fussent aussi destitués d'i-ris que vus à l’œil nu ; & alors leurhauteur apparente n’étoit plus la vraie ;ce qui montroit que las réfractions nes’étoient point redressées mutuellement,quoique les différences de réfrangibilitédes rayons colorés, se fussent corrigéesles unes par les autres.

M. Dollond , quisavoit qu’il y a deuxsortes de vertus bien plus propres lesuns que les autres à la netteté des ima-ges, conjectura que cette différence dequalité venoit de celle de leurs vertusréfringentes ou difpersives, relativementaitx rayons colorés. 11 pensa que tel

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verre pourroit rendre la différence deréfrangibilité du rouge au violet, beau-coup plus sensible que tel autre, & cau-ser par ce moyen des iris beaucoup plusétendus. Quoique la réfraction moyennene fût pas fort différente, il en conçutl’efpérance de ïéuísir mieux dans sonobjet , en combinant des lentilles deverres de différentes qualités, qu’en em-ployant du verre & de l’eau , parce quel’eau & le verre, relativement à leursréfractions moyennes , ne produisoientpas des différences assez sensibles dansles réFrangibilités des couleurs. Un verretrès-hlanc & fort transparent, appellecommunément cryjlal d’Angleterre , estcelui qui, suivant M. Dollond, donneles iris les plus remarquables , & parconséquent celui dans lequel la réfrac-tion du rouge différé le plus de celledu violet. Un verre verdâtre , connuen Angleterre fous le nom de crowiglajs.,& qui ressemble beaucoup en qualitéà notre verre commun , est au con-traire celui qui donne la moindre diffé-rence dans la réfrangibilité : ce font lesdeux matières dont M. Dollond ima-gina de fe servir , après avoir mesuréleurs qualités réfringentes; ce qu’il fitd’une maniéré analogue à celle qu”ilavoit employée polir le verre & l’eau.11 trouva que le rapport des différentesdispersions étoit celui de.trois à deux,en forte que le spectre coloré , qui,avec un prisme de crownglajs , auroitdeux pouces de longueur, en a troisavec un prisme de jlintglafou de crystald’Angleterre. ( Mém. Acad. 1756, page386. )

Les pretmeres lunettes qui furent exé-cutées par Dollond , eurent un très-grand succès. Les géomètres s’exerce-rent bientôt à chercher les courburesles plus propres à corriger les aber-rations de réfrangibilité , & en mêmetemps de sphéricité ; on peut voir surla théorie de ces lunettes achromatiquesM. Clairaut, (Mém. Acad. 1756 , page38o; 1757, P*-?- 524’ I 7 6a ’ S7 S-)iM. Euler , dans ses trois volumes dedioptrique ( Mém. Acad. 1765 . page;;; , Mém. de Berlin , tome XXII ,page 119. ); M. d’Alcmbert ( Opusculesmath. d’abord dans le tome III , publiéen 1764 ; & ensuite dans le tome IV,en 176s.) i -M- Klíngenstierna dans une