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Tome premier. A - AKR.
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élémens que ceux qu’elle en a tirés enl’analyftnt. L 'acier artificiel est du Ferà qui l’art a restitué, par le secours desmatières étrangères, les mêmes partiesdont il étoit trop dénué. Enfin si l’ondésiré une notion générale & qui con-vienne aux deux fers, il faut dire quel'acier est un Fer dans lequel le mélan-ge des parties métalliques , avec lesparties salines sulfureuses & autres, aété amené à un point de précision quiconstitue cette substance métallique quinous est connue fous le nom d’acier.Ainsi l'acier consiste dans un certainrapport qu’ont entr’elles les parties pré-cédentes qu’on nous donne pour ses élé-mens.

La nature nous présente le fer plusvu moins mélangé de ces parties, maispresque toujours trop grossièrement mé-langé; c'est-à-dire, presque jamais con-tenant les parties dont il est composé ,dans le vrai rapport qui conviendroitpour nous en procurer les avantages quenous en devons retirer. C’est ici quel’art doit réformer la nature. Le fer defonte ou la mine qui vient d’être fon-due , est dure, cassante, intraitable ; lalime, les ciseaux, les marteaux, n’ontaucune prise sur elle. Quand on lui don-ne une Forme déterminée dans un mou-le , il fout qu’elle la garde ; aussi ne l’em-ploie-t-on qu’en bombes, boulets, poê-les, contre-cœurs de cheminées. VoyezFORGE. La raison de sa dureté, de sonaigreur, & de son cassant, c’est, dit-on,ï’excès des parties sulfureuses & terres-tres dont elle est trop pleine : si vousl’en dépouillez , elle deviendra ductile ,molle, & susceptible de tontes fortes deformes, non par la fusion, mais fous lemarteau. C’est donc à épurer le fer deces matières étrangères que consistentles deux arts de faire l 'acier naturel &l'acier artificiel.

Le seul agent que nous avions & quisoit capable de séparer les parties métalli-ques des parties salines, sulfureuses &terrestres, c’eft le feu. Le feu fait fondre§5 vitrifier les terrestres. Ces parties étantplus iégeres que les parties métalliques ,surnagent le métal en fusion ; & on lesenlevs sous le nom de crajses ou scories.Cependant le feu brûle & détruit les sou-fres & les sels. On eroiroit d’abord quesi l'on pouvoitfpousser au dernier point

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la destruction des parties terrestres, sul-fureuses & salines, la matière métalli-que qui resteroit, seroit absolument pure.Mais l’expérience ne confirme pas cetteidée, & l’on éprouve que le feu ne peutséparer totalement les parties étrangèresd’avec la matière métallique, fans l’ap-pauvrir au point qu’elle n’estplus bonneà rien.

L’art se réduit donc à ne priver le ferde ses parties hétérogènes , qn’autantqu’il est nécessaire pour détruire le vicede l’excès, & polir n’y en laisser que cequ’il lui en faut pour 'qu’il soit ou del’a-citr ou du fer forgé, suivant les mines &leur qualité.

Pour cet effet on travaille & la minequi doit donner du fer & celle qui doitdonner del 'acier , à-peu-près de la mêmemaniéré, jusqu’à ce qu’clles soient I nné& l’autre en gueuse ( voyez pour ces pré-parations bitumineuses l'art. Forge; )on la pétrit fous des marteaux d’un poidsénorme, & à force de la ronger & de latourmenter plus ou moins suivant quePexpérience l’indiqne, on change la na-ture de la fonte; & dune matière dure,aigre, Sc cassante ; on en fait une matièremolle & flexible, qui est ou de l’acierou du fer forgé. selon la mine.

La nature nous donne deux especesde mines ; les unes, telles font celles deFrance, contiennent un soufre peu ad-hérent qui s’exhale & s’échappe aisé-ment dans les premieres opérations dufeu, ou qui peut-être n’y est pas en assezgrande quantité, même avant la fusion ;d’où il arrive que la matière métalliquequi en est facilement dépouillée , restetelle qu’elle doit être pour devenir unfer forgé : les autres mines, telles fontcelles qui font propres n donner de l’a-cier naturel, & qu’on appelle en Alle-magne mines on veines f acier , contien-nent un soufre fixe, qu’on ne détruitqu’avec beaucoup de peine. 11 fandroitréitérer bien des fois fur elles, & avecune • augmentation considérable de dé-pense, le travail qui amene les pre-mières à l’état de fer forgé ; ce que l’onn’a garde de faire, car avant que d’ac-quérir cette derniere qualité de fer ser-gé , elles font acier. L ’acier naturel estdonc, comme j’avois promis de le dé-montrer, un état moyen entre le ferde fonte & le fer forgé : l’acier est donc,