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lie de l’ aetion , il y a des Forces ; c’est-à-dire, des coules qui agissent, & des effetsqui doivent leur être exactement propor-tionnés. On ne doit pas rassembler d’é-nornies Forces pour opérer de petits ef-fets, mais il ne faut pas non plus fairerésulter de grands effets d une petite for-ce. II est vrai que dans f Iliade l’absenced’un seul homme expose l’armée desGrecs au danger d’une perte totale, maiscet homme c’est Achille. Si le poète n’a-Voit pas eu assez de génie pour peindrece héros aulst grand qu’il nous le mon-tre, tout étoit manqué ; l 'action de I Ilia-de cessoit d’étre naturelle.
La seconde qualité qu’on exige de Pac-iion , c’est qu'elle soit intéressante; ilfaut que l’efprit & le cœur de celui quiy affilie soient dans une activité- soute-nie , queJ'ien n’interrompe. II y a plusd'un moyen d’obtenir cet effet. L'affairequi est agitée peut être si importante pareile-même, que les personnages qu’on yfait agir en acquièrent nécessairement leplus haut degré d’activité ; comme lors,pat exemple, qu’il seroit question desrands intérêts d’une nation entiere ; ouien le sujet peut devenirímportant, parrapport aux personnages qui s’y trou-vent intéressés, & qui attirent notre at-tention, soit par leur rang on par leurcaractère ; enfin des causes accidentellespeuvent exciter la curiosité pour un su-jet peu intéressant par iui-mêmeil suf-fit pour cet effet d’un obstacle imprévu,d’iine intrigue singulière, oú de quel-ques inddens remarquables.
Des notions, qui par elles-mêmes sem-bleroient peu dignes d'attention,devien-nent très-intéreífantes , grâces à l'heu-reux génie de l’artiste. Quelqhes fugitifsde Troie s’embarquent pour aller cher-cher un nouvel établissement ailleurs :ce n’est-là qu'une action très-peu considé-rable en foi ; mais dans le point de vued’où Virgile l’envisage, il la rend infini-ment grande & importante. Ce petitnombre d’aventuriers compose les ancê-tres d’une nation future, qui va dominersurtout Punivers;qui arrachera un jourfempire du monde à un autre peuplealors florissant, & jouissant de la pro-tection singulière de quelques divinités.Considérée de ce côté- là , Y action de PK-néide acquiert une grandeur qui étonne,
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tnalî à laquelle le poète , dont le génieétoit plus beau que grand, n'a pas fiiatteindre.Que n’eut pas été l’Enéîde fousla plume d’un Miltsn ou d’un Klopstoek!
II seroit à souhaiter pour futilité desbeaux arts , qu’un habile homme prit làpeine de rechercher par combien de di-vers artifices les grands artistes ont fitrendre intéressantes des aSlions en elles-mêmes trás-pen considérables : car c’elllà où le génie se montre dans son plusbeau jour. Combien à'nclions très-ordî-naires le génie créateur de Shakespearn’a-t il pas su présenter sous le point deVue le plus intéressant ? Des artistes bor-nés tâchent ordinairement d’íntéresserâforce de complications & d’intrigues. Cefont de très - foibles ressources ; ellespeuvent, à la vérité,servir à occuper Pi-magination ; mais elles laissent dans uneinaction totale les forces les plus essen-tielles del’aniej’entendement&lecceuí*Ce n'est pas dans les hors d’œuvre deYaciion , c’est dans l’esprit & dans le ca-ractère interne dti sujet, qu’il faut pla-cer Pintérêt. Si l’on examine avec soinles ouvrages lés plus célébrés de Partchez les anciens & chez les. modernes, &fur-ton t les ouvrages dramatiques, ontrouvera que les meilleurs sont précisé-ment ceux où Vaíiion est la plus simple.
Une troisième qualité essentielle deYaction, c’est qu’elle foitentìete & com-plété. On doit pouvoir y observer dis-tinctement le commencement précis ;connoître les motifs qui font agir les per-sonnages; sentir le Vrai point de vue oùil faut se placer pour suivre Yaciion ; enremarquer clairement le progrès ; L en-fin en voir si évidemment la catastrophequ’on n’ait pins à s’attendre à rien audelà. 11 Faut qu’on fente qu'aucun desacteurs n’a plus rien à faire à cet égard.Cela n’est pas aisé ; & les grands maîtreseux-mêmes n'on t pas toujours réussi àterminer complètement Yaciion. V. Ca-tastrophe.
Enfin Y action doit être Une. Cette uni-té á'acíion dans un ouvrage de quelqueétendue qu’il puisse être, est une qualitési évidemment nécessaire, qu’il seroit su-perflu o*y insister, si les auteurs drama-tiques ne péchoient si souvent contrecette réglé. Ce n’est pas même assez poufqu’un drame soit parfait que Yaélion soi;