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Tome premier. A - AKR.
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avons donne le nom de graml, a fait ennous une impression différente de celleque ce que nous appeJlonspei/í nous afaite ; c'est la perception de cette diffé-rence qui nous adonné lieu d’inventerles noms de grand , de petit , de moin-dre, § 70 .

Différent, pareil t semblable , font anffides taljcélifs métaphysiques qui quali-fient les noms substantifs , en consé-quence de certaines vues particulièresde l’efprit. Différent qualifie un notnprécisément en tant que je sens que lacliose n’apas fait en moi des impressionspareilles à celles qu’un autre y a faites.Deux objets tels qne j’apperqois que l’unli’eiì pas l’autre , font pourtant en moides impressions pareilles en certainspoints : je dis qu’ils font semblables ences points-là, parce que je me sens af-fecté à cet égard de la même manière ;átnli semblable est un adjectif méiaphy-fique.

Je me promène tout autour' de cetteTille de guerre , que je vois enferméedans les remparts : j’apperçois cettecampagne bornée d’un côté par une ri-vière L d’un antre par une Forêt: je voisce tableau enfermé dans son cadre , dontje puis même mesurer retendue & dontje vois les bornes : je mets fur ma tableUn livre , un écu ; je vois qn’ils n’occu-pent qn'une petite étendue de ma table;que ma table même ne remplit qu’un pe-tit espace de ma chambre, & que machambre est renfermée par des murail-les ; enfin tout corps me paroît bornépar d’autres corps , & je vois une éten-due au delà. Je dis donc que ces corpsfont bornés, terminés , finis ; ainsi bor-né , terminé, fini, 11e supposent quedes bornes & la comioiffance d’une été ri- 1due ultérieure. i

D’nn autre coté, fi je me mets àcompter quelque nombre que ce puisseêtre, fût-ce le nombre des grains de fa-ble de la nier & des feuilles de tous lesarbres qui font fur la surface de la ter-re’, je trouve que je puis encore y ajou-ter, tant qu’enfín , las de ces additions■toujours possibles, je dis que ce nom-bre est infini, c’est-à-dire , qu'ii est tel,que je n’en apperqois pas les bornes , Sique je puis toujours en augmenter lasomme totale. J’en dis autant de tout

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corps étendu , dont notre imagtnafïéflpeut toujours écarter les bornes , & ve-nir enfin à l’éteudue infinie. Ainsi infiniu’est qu’un adjectif métaphysique.

Parfait est encore un uijeclif méta-physique. L’usage de la vie nous faitvoir qu'ii y a des êtres qui ont des avan-tages que d’autres n’ont pas: nous trou-vons qu’à cet égard ceux-ci valent mieuxque ceux-là. Les plantes.* les fleurs*les arbres valent mieux que les pier-res. Les animaux ont encore les quali-tés préférables à celles des plantes, &l'hoinme a des connoiffances qui l’éle-vent a n dessus des animaux. D’ailleursne feiitons-nous pas tons lés jours qu’iivaut mieux avoir que de n’avoir pas?Si l’on nous montre deux portraits de lamême personne , & qu’ii y en ait un quinous rappelle avec plus inexactitude &de vérité ì’image de cette personne, nous.disons que le portrait est parlant, qu’iiest parfait, G’est-à-dire qu’ii est tel qu’iidoit être.

Tout ce qui nous paroît tel qne nousn’appercevons pas qu’ii puisse avoir undegré de bonté & d’excellence au delà,nous rappelions parfait.

Ce qui est parfait par rapport à cer-taines personnes, ne Test- pas par rap-port à d’autres, qui ont acquis des idéesplus justes & plus étendues.

Nous acquérons ces idées insensible-ment par l’usage de la vie ; car dès no-tre enfance , à mesure que nous vivons*nous appercevons iles plus un des moins,des bien & des mieux, des mal & despis : mais dans ces premiers temps, nousne sommes pas en état île réfléchir furia maniéré dont ces idées sc forment pardegrés dans notre esprit ; & dans la fui-te, comme l’on trouve ces connoiffancestoutes formées , quelques Philosophesse font imaginé qu’elles naiffoient avecnous : ce qui veut dire qu'en venant aumonde nous savons ce qne c'est que fin-fini,le beau, le parfait, fisc. ce quiest également contraire à l’expérienee& à ia raison. Toutes ces idées abstrai-tes supposent un grand nombre d’idéesparticulières que ces mêmes Philoso-phes comptent parmi les idées acquises tpar exemple , comment peut-on (avoirqu'ii faut rendre à chacun ce qui lui estAit , si ì’oh ne lait pas encore ce que