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Tome premier. A - AKR.
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c’est que rendre , ce que c’est que chacun& qu’il y a des biens & des choses par-ticulières , qui, en vertu des loix de lasociété , appartiennent aux uns plutôtqu’aux autres ? Cependant fans ces con-noiOances particulières, que ces Philo-sophes meme comptent parmi les idéesacquises, peut-on comprendre le prin-cipe général ?

Voici encore d’autres adjeíiifs méta-physiques qui demandent de Inattention.

Ún nom est adjeBif quand il qualifieun nom substantif : or qualifier un nomsubstantif, ce n’est pas seulement direqu il est rouge ou bleu, grand, ou petit ,c’est en fixer l’étendue, la valeur, l’ac-ception , étendre cette acception ou larestreindre, eu sorte pourtant que tou-jours V adjectif & le substantif, pris en-semble , ne présentent qu’un même ob-jet à l’esprit : au lieu que li je dis liberPetH, Pétri fixe à la vérité l’étendue dela signification de liber ; mais ces deuxmots présentent à l’esprit deux objetsdifférens , dont l’un n’est pas l’autre ;au contraire , quand je dis le beau livre ,il n’y a là qu’un objet réel, mais dontj’énonce qu’il est beau. Ainsi tout motqui fixe l’acception du substantif , quien étend on qui en restreint la valeur ,& qui ne présente que le même objet àl’esprit, est un véritable adjeíiif. Ainsinécessaire , accidentel, f ojfible , impossible ,tout, nul , quelque, aucun, chaque , tel ,quel, certain, ce, cet, cette , mon, ma,ton, ta, vos , votre, notre , & méme le ,la, les, sont de véritables adjectifs mé-taphysiques , puii'qu’ils modifient dessubstantifs, & les font regarder fous despoints de vue particuliers. Tout hommeprésente homme dans un sens généralaffirmatif: nul homme l’annonce dans unsens général négatif : quelque hommeprésente un sens particulier indétermi-né : son ,sa,ses, vos , font considérer lesubstantif sons un sens d’appartenance& de propriété ; car quand je dis meusenjis, meus est autant simple adjeíiifqu’ Evandrius , dans ces vers de Vir-gile :

Nam tibi, Timbre, caput Evandriusubjlulit enjis.

iEn. Lib. X. v. 394.

meus marque ['appartenance par rapportTomel, Partie 11 .

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à moi, & Evandrius la marque par rap-port à Evandre.

H faut ici observer que les mots chan-gent de valeur selon les différentes vuesque l’ufage leur donne à exprimer; boi-re , manger, íont des verbes ; mais quandon dit le boire , le manger, &c. alorsboire & manger font des noms. Aimer estlin verbe actif : mais dans ce vers del’opéra d’Atys ,

J'aime, c'est mon destin d'aimer toutema vie.

aimer est pris dans un sens neutre, mien ,tien , sien , étoient autrefois adjeBif s yon difoit un sien frété , un mien ami :aujourd’hui, en ce sens, il n’y a quemon , ton , son, qui soient adjeíiifs ;mien , tien , sien, sont de vrais substan-tifs _ de la classe des pronoms , le mien ,le tien , le Jìen. La discorde, dit la Fon-taine, vint,

Avec Queji-que non, son frere ;

Avec Le tien-le mien , son pere.

Nos , vos, font toujours adjeíiif s : maisvotre, notre, font souvent adjectifs , &souvent pronoms, le vôtre, le nôtre. VousU les vôtresvoilà le vôtre, voici lesien U le mien : ces pronoms indiquentalors des objets certains dont on a déjnparlé. V. Pronom.

Ces réflexions servent à décider fi cesmots Pere, Roi, 8 c autres semblables,font adjeíiifs ou substantifs. Qualifient-ils ? ils font adjectifs. Louis XVI estRoi , Roi qualifie Louis XVI, donc Roiest-là adjectif. Le Roi est à Vannée : leRoi désigne alors un individu : il est doncsubstantif. Ainsi ces mots font pris tan-tôt adjectivement, tantôt substantive-ment ; cela dépend de leur service, c’est-à-dire de la valeur qu’onleur donne dansremploi qu’on en fait.

llrelte à parler de la syntaxe des adjec-tifs. Ce qu’on peut dire à ce sujet, seréduit à deux points.

2. La terminaison de P adjeíiif. 2. Laposition de Vadjectif.

l°. A l’égard du premier point, il fautse tappeller ce principe dont nous avonsparlé ci-dessus. que l ’adjeBif & le subs-tantif mis ensemble en construction, neprésentent à l’esprit qu’un seul & méme