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trécs de f Europe, Vadultéré n’est pointréputé crime public ; il n’y a que lemari seul qui puisse accuser sa femme :le ministère public même ne le pour-roit pas, à moins qu’il n’y eût un grandscandale.
Déplus, quoique le mari qui viole lafoi conjugale soit coupable auffi-bien queJa femme, il n'est pourtant point permisà celle-ci de l’on accuser, ni de le pour-suivre pour raison de ce crime. VoyezMavi, fisc.
Socrate rapporte que fous l’empereurThéodose, en saunée 380, une femmeconvaincue à'adultéré, fut livrée pourpunition , à la brutalité de quiconquevoulut soutrager.
Lycurgue punissoit un homme con-vaincu d ’adultéré comme un parricide ;les Locriens lui crcvoient les yeux ; & laplupart des peuples orientaux punissentce crime très-sérerement.
Les Saxons anciennement brùloient lafemme adultéré j & fur ses cendres ilsélevoient un gibet où ils étrangloient lecomplice. En Angleterre le roi Edmondpunissoit l 'adultéré comme le meurtre :mais Canut ordonna que la punition del’homme seroit d’étre banni, & celle dela femme d’avoir le nez & les oreillescoupés.
En Espagne 011 punissoit le coupablepar le retranchement des parties quiavoient été l’instrument du crime.
En Pologne , avant que le Christia-nisme y fût établi , on punissoit l 'adul-téré & la fornication d'une faqon biensingulière. On conduisoit le crimineldans la place publique ; là on fatta-choit avec un crochet par les testicu-les, lui laissant un rasoir à fa portée;«le forte qu’il Falloit de toute nécessitéqu’il se mutilât lui-même pour se déga-ger, à moins qu’il n’aimât mieux périr«lans cet état.
Le droit civil, réformé par Justinien,qui fur les remontrances de fa femmeThéodora, modéra la rigueur de !a loiJtilia , portait que la femme fût fouet-tée & enfermée dans un couvent pourdeux ans : & si durant ce temps , lemari ne vouloit point se résoudre à lareprendre, on lin coupoit les cheveux& on l’enfermoit pour toute fa vie.C’est-lâ ce qu’on appella authentique, par-ée que la loi qui contenoit ces diíposi-
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tions ctoit une authentique ou novelle.Voyez Authentique Lf Authen-tiquer.
Les loix concernant Vadultere font àprésent bien mitigées. Toute la peinequ’on inflige à la femme convaincue dV-iultere, e’est de la priver de fa dot & detoutes ses conventions matrimoniales ,& de la reléguer dans lin monastère.On ne la fouette méme pas, de peurque si le mari fe trouvoit disposé à lareprendre, cet affront public ne feu dé-tournât.
Cependant les héritiers 11e seroientpas requs à intenter contre la veuve fac-tion d’ adultéré , à l’effet de la priver deses conventions matrimoniales. Ils pour-roient seulement demander qu’elle en fûtdéchue, si faction avoit été intentée parle mari : mais il leur est permis de fairepreuve de son impudicité pendant fan dedeuil, à l’esset de la priver de son douai-re. V. Deuil.
La femme condamnée pour adultéré,ne cesse pas pour cela d'être fous la puis-sance du mari.
II y eut un temps où les Lacédémo-niens, loin de punir f adultéré, le per-mettaient, ou an moins le toléroient, àce que nous dit Plutarque.
Vadultere rend le mariage illicite en-tre les deux coupables, & forme ce queles Théologiens appellent impedimentumcrimìnis.
Les Grecs & quelques autres Chré-tiens d’Orient font dans le sentiment queVadultere rompt le lien du mariage; enforte que le mari peut fans autre forma-lité épouser une autre femme. Mais leconcile de Trente,/cKbn XXIV , can.7. condamne ce sentiment, & anathé-matise en quelque sorte ceux qui le sou-tiennent.
En Angleterre, si une femme mariéeabandonne son mari pour vivre avec unadultéré, elle perd son douaire, & ne pour-ra pas obliger son mari à lui donner quel-qu’autre pension :
Sponte •vìrum mulìer fugìens , U adul-téra faíía ,
Dote sud carcat, nifi sponfo sponte re-traita. (H)
* Quelques astronomes appellent adul-téré les éclipses du soleil L de la lune ,