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Tome premier. A - AKR.
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JE D E

pas tin abus par un autre encore plusgrand : car ai n’est point fait psurreprésenter è. Par exemple, l’interjec-tion bai , heti , bai ! bail, mail , &c.est la prononciation cl u Grec rxïg ,

/HO V TXIC

Que fi on prononce par ê la diphthon-gue oculaire ai en palais , &c. c’eftqu’autrefois on prononqoit l’a & l’zen ces mots-là , usage qui se conser-ve encore dans nos provinces méridio-nales : de forte que je ne vois pas pinsde raison de reformer François parFrançais , qu’il n’y enauroità reformerpalais par palots.

En latin œ & ai étoient de véritablesdiphthongues , oh l’a conservoit tou-jours un l'on plein & entier, commePlutarqne l’a remarqué dans son traitéde s festins, ainsi que nous entendons leson de l’« dans notre interjection, bai,hai , bat ! Le son de l’e OU de Yi étoitalors très-foib! jjjì c’est à cause de celaqu’on écrivoit autrefois par ai ce quedepuis on a écrit par <e , Musai ensuiteMuse , Kaisar & C.esar. Voyez la mé-thode latine de F. R. (F)

AY D ES , s. Hijl ._ anc., chez les an-ciens Romains, pris dans un sens gé-néral , signifioit un bâtiment , une mai-son , Vintérieur dtt Içgis, Vendrait mêmeoù l'on mnngeoit , fi l’on adopte cetteétymologie de Vaîafridus Strabcn :potest enhn fierì ut œdes ad edendum ineis , ut ccsnacula ad ctenimdum primo Jìntfacial.

Le même mot dans nn sens plus étroit,lignifie une chapelle on forte de templedu second ordre . non consacré par lesaugures comme l’étoient les grands édi-fices proprement appelles temples. Ontrouve dans les anciennes descriptionsde Rome , & dans les auteurs de la purelatinité : Aides fortume , Aides Ilerculis ,Aides Juturna. Peut - être ces templesn’étoicnt-ils affectés qifaux dieux d u se-cond ordre ou demi-dieux. Le fond destemples où fe rencontroit Pau tel & lastatue du dieu , fe nommoit proprementAidicula , diminutif <YAides.

JEGIBOLIUM , Ilift. des Relis. ,VAigibolium , le Taurobolium , le C’rio-bolium ét'dent des sacrifices expiatoiresdont il n’est pas fait mention avant lesecond fiecle. Les cérémonies quisepra-tiquoient dans ces expiations, nous ont

I G I ssr

été transmises par le poète Prudence,C’eft lui qui nous apprend que lesprêtres du paganisme creusaient unefosse oh descendoit le souverain Pon-tife, revêtu des attributs de fa digni-té. On coûvroit ensuite l’ouvcítureavec des planches percées en divers en-droits, afin que le sang du taureau oudu bélier qu’on immoloit , pût tombersur le souverain pontife, qui, après cetteeffusion, fortuittont Fumant du sang dela victime. Dès qu’il s’étoit ainsi sanc-tifié , il conservoit !c plu long-tempsqu’il lui étoit possible ses habits dégout-tons , pour assurer l’efficacité du sacri-fice ; ensuite il les suspend o ï t dans letemple, afin de communiquer leur vertusanctifiante à ceux qui auroient le bon-heur de les toucher.

Le souverain pontife n’étoit pas leseul qui offroit cc sacrifice expiatoire.Tous ceux qui fe faisoient initier auxmystères , immoloient un taureau, ou1111 bélier, ou une chevre, dont ils fat—soient dégoutter ,1e sang sur leurs ha-bits. Quiconque , par ces expiations,ambitionnoit une renaissance mystique,devoit fe soumettre aux épreuves lesplus douloureuses j & ceux qui les sou-tenoient avec persévérance & fermeté,étoient admis aux initiations. On exi-geçit d’eux une continuité de vertus fansmélange de foiblesses, des austérités quimaîtrisoient leurs sens, & qui les ren-doient comme impassibles. Leurs habits,teints du sang précieux de la victime »inspiroient la plus profonde vénération ;ils les conservoient , & les portoienfclong-temps, paree qne plus ils tomboìenfcen lambeaux , plus ils imprimoiení derespect. Quand enfin ils étoient absolu-ment usés, on les attachoit aux colon-nes du temple. Ces sacrifices fe renon-velloient tous ies vingt ans, & alors oi*recommenqoit les supplices du noviciat.On en comptoit quatre-vingts especesdifférentes , avant qne d’être initié ainemvsteres du dieu Mythra.

Lorsque ies Césars, pour mieux fairerespecter leur autorité, eurent mis dansleurs mains l’encensoir avec iesceptre,ils dédaignèrent îa décoration de ces ro-bes teintes de sang. Ce fut pour n’êtrepoint assujettis à ces cérémonies sales& dégoûtantes, qu’ilsétahlirentdcs pon-tifes subalternes qui rampaient dans