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ses revers. Quoiqu’il eíìt fait une guer-re heureuse dans un pays où le faste& la mollesse en imposoient à la mul-titude , il ne renonqa jamais à l’auf-térité de la discipline de Licurgue. So-bre & frugal, les mets qu’on lui fer-voit étoient fans apprêt, & l’appétitexcité par les exercices du corps,leur tenoit lieu d'assaifonnement. IIconserva l’antique simplicité dans seshabits, & ce fut par l’innoeence de sesmœurs qn’il ambitionna la supérioritésur le reste des hommes. Quelqu’undonnant en fa présence le nom degrand roi au monarque Persan, il n’estpas, dit-il, plus grand que moi , s’iln’est pas plus vertueux. Quoiqu’il eûtpu choisir un superbe palais , il pré-féra une antique chaumière qui avoitété habitée par Euriithene, l’un de sesancêtres. On n’y rcmarquoit aucun deces ornemens inventés par le luxe &la mollesse. Tout y retraçoit la pau-vreté & le dédain des commodités. Onl’eút plutôt prise pour la cabane d’uneIlote, que pour la demeure d’un grandroi.
La nature en l’enrichissant de toutesles vertus, avoit été pour lui une merebienfaisante; mais aussi elle sembloitn’étre qu’une marâtre impitoyable enrenfermant son ame dans un corps aussidifforme. Son extérieur rebutant lui at-tiroit le mépris des étrangers. 11 en fitl’expérience en Egypte où il commandaune armée de Grecs mercenaires poursoutenir Tachos attaqué par les Perses.II parut à la cour d’Alexandrie paré deses seules vertus. La pauvreté de seshabits, fa fuite & son équipage ne lais-sèrent appercevoir dans le héros de laGrece , qu’un vieillard pauvre & dé-crépit. Les courtisans énervés par leluxe, ne virent qu’un censeur importunde leur mollesse; & le roi lui-mêmechoqué d’un extérieur qui n’annonqoitqu’un homme vulgaire, lui ôta le com-mandement pour le déférera l’AthénienChabrias qui avoit toute la souplessed’un courtisan délicat. Les yeux fasci-nés par le luxe 11 e pouvoient apperce-voir l’homme supérieur dans celui quin’avoit d’antre lit que la paille ou nnpeu de gazon, qui fe nourriffoit de metsdédaignés, qm rejetoit les couronnes &ies parfums. Le monarque persan lui
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envoya de$ provisions abondantes &choisies , il lui fit présent d'étostès pré-cieuses pour le distinguer de ses sol-dats ; le Spartiate dédaigneux fit distri-buer le tout à ses esclaves. Tachos por-ta la guerre dans la Phénicie ; en vainAgéJìlas réduit à commander un corpsde mercenaires, lui représenta de quit-ter ses états ; un conseil auffi sage nefut point écouté. Dès que Tachos futéloigné, ses sujets remtians & sédi-tieux leverent l’étendard de la rébel-lion , & son parent Nectanebe fut pro-clamé roi. AgéJìlas pour se venger des dé-dains qu’il avoit essuyés fut le premier àle reconnoître. L’usiirpateur eut bientôtun concurrent dans Motus, citoyen deMendés, qui lui disputa l’empire. Agé-Jìlas lui conseilla de marcher contrece rebelle pour ne pas lui laisser letemps de rassembler fes forces. Necta-nebe eut lieu de fe repentir d'avoir dé-daigné ce conseil. Mntus, actif & vigi-lant, le contraignit de fe retirer dansune ville dont il forma le siégé. AgéJìlasfut sollicité de fondre fur les assiégeons,mais il attendit que leurs forcés fus-sent divisées pour faire une sortie quieut un plein succès. Agé/das , couvertde gloire, fut élevé au commandementgénéral de l’armée. Mutus battu dansplusieurs rencontres , tomba au pou-voir du vainqueur. L’Egypte paisiblereconnut AgéJìlas pour Ion libérateur.I! mourut chargé de gloire & d’an-nées dans la ville de Ménelas , situéeentre la Circanique & l’Egypte. Soncorps embaumé fut transporté à Spar-te, glorieuse de posséder fes cendres.
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Agesilas, éphorede Sparte, fut undes principaux instrumens dont le troi-sième Agis fe servit pour faire revivrela discipline de Licurgne. Sa vie jus-qu’à çe moment, n’avoit été qu’un tissude débauche , & il ne favorisa le pro-jet de la réformation que pour s’affran-chir du fardeau accablant des dettescontractées pour assouvir fes passions.L’histoire le peint comme un homme ar-tificieux, doué de cette éloquence na-turelle qui domine fur les esprits ; fansfrein dans fes penchans, audacieux dansfes projets, téméraire dans l’exécution,partisan hypocrite d’une réforme quifaifoit la censure du scandale de sa vie.