AGE
Ce fut ce citoyen corrompu qui propo-sa au peuple de rendre aux loix leurvigueur, & aux mœurs leur premiereinnocence. II se rend à rassemblée oùil conjure les Spartiates de ne plussouffrir que la majesté de la patrie Futviolée par les avares exactions de quel-ques citoyens avides , tandis que sesvrais enFans rampant dans la misère,éprouvoient une existence douloureu-se. II Fait ensuite parler _ la religionqui commande l’égalité ; il cite d’an-cietts oracles, & fait valoir la réponserécente du prêtre de Pasipbaé , quileur assurait que s’ils Faisoient revivreleurs anciennes institutions , ils Fe-roient triomphans & respectés commeautrefois. Son éloquence fut appuyéear le sacrifice qu’Agis & fa famillerent de tous leurs biens. Le peuplesaisi d’admiration , applaudit à un sigénéreux désintéressement; on procédaà l’abolition des dettes, toutes les obli-gations pécuniaires furent apportéesdans le forum , où elles furent brûléesaux yeux du créancier dépouillé de sontitre. Agéjllm témoin de cet incendie,s’écria qu'il n’avoit jamais vu de flam-me plus pure & plus agréable. Aprèscette opération, il travailla sourdementà détruire l'édifice qu’il venoit d'éle-ver. II étoít le plus considérable de l’é-tat par retendue de ses poffeffions ; maisépuisé par ses débauches & ses profu-sions , il avoit contracté plus de dettesqu’il n’avoit de fonds. L’abolitíon desdettes le débarrassa de l’importunité deses créanciers, & le remit dans la jouis-sance de ses domaines. II étoit trop in-téressé au partage des terres , pour con-sentir à une égalité qui le mettoit audessous de ses besoins. II en retarda l’e-xécution fous prétexte de ne point en-treprendre deux choses à la fois, de pourd’ébranler l’état par des secousses tropViolentes. La guerre occupa Agis d’au-tres foins, & pendant son absence, Agé-Jìlas devint le tyran d’un peuple dont ilse disoit le protecteur. Ses vexationsdevinrent les crimes de deux rois. Agisfut arraché du temple qui lui fervoitd’afyle, pour être conduit à la mort.AgéJUas , seul coupable, se sauva parla fuite; il revint quelque temps aprèsdans fa patrie , où revêtu de la char-ge d’éphore, il exerça un? domination
AGE f
tyrannique. Voyez l'article A GIS III.(r-n.)
AGES! POLI S , Hìfl, de Lacédémone ,fils de Paulánias, roi de Lacédémone,perdit fou pere dans un âge trop foibleencore pour gouverner lui-même les rê-nes de l’état. Les Corinthiens fe flattè-rent que le temps de fa minorité leur se-roit favorable pour abaisser l’orgueil al-tier de Sparte qui, depuis long-temps ,infultoit à la Foìblesse du reste de la Gré-ée ; ils en furent punis par une sanglan-te défaite, & leur humiliation continttous les peuples jaloux de la puissancedes Lacédémoniens. Agé/ìpolis parvenuà l’âge où la loi le mettoit dans l’exer-cíce de fa dignité , voulut se montrerdigne de commander à Une nation belli-queuse. II tourna ses armes contre l’Ar-golidc qui étoit la contrée de tout le Pé-loponûese, dont Sparte avoit le plus su-jet de se plaindre. Les Argiens abandon-nés de leurs alliés fe sentirent trop foi—blés pour lui résister. Leur fierté s’abais-sa à demander la paix; leurs députésn’essuyereut que des mépris , & pourtoute réponse Agéjìpolis porta la désola-tion dans tout leur territoire. Tout luien préí'ageoit la conquête, lorsque destremblemens de terre , qui sembloientannoncer la dissolution du globe, répan-dirent la consternation dans son armée.Les Spartiates étoìent trop ignorans &trop grossiers pour n’être point supersti-tieux , & lorsque quelque phénomèneextraordinaire frappoit leurs sens, ils leregardaient comme un avertissement duciel qui condamnait leur entreprise.Alors le peuple le plus intrépide devenoitle plus pusillanime, il méconnaissait lavoix de ses chefs pour aller interrogerfes prêtres & ses devins. Plusieurs sol-dats devinrent sourds par le bruit destonnerres, & d’autres furent aveuglé»’par le feu des éclairs. Si quelque minis-tre de l’autel un peu ambitieux savaitprofiter de ces momens de terreur, il Luiîeroit Facile de causer une révolution.Agejìpoíìs s’élevant au dessus des ter-reurs populaires, n’en fut pas moins ar-dent à presser le fiege ; mais il fut malfécondé par des soldats dant la supersti-tion avoit glacé le courage. II fallut cé-der à l’importunité de leurs murmures,pour éviter l’éclat d’une révolte. La pri-se de ûlantinée le consola de cette dis»