Band 
Tome premier. A - AKR.
Seite
679
JPEG-Download
 

A G R

■o'dontìés, font remplis de la physiquela plus abstruse 5 ces principes commen-cent par le débrouilìement du chaos.Noos avons encore en France 1 e Journaléconomique , livre qui cút été utile si Fau-teur eût rempli son titre, & s’il n’eittpas fait d’excursions fur toutes sortes dematières étrangères, pour remplir unlivre qui doit paroître régulièrementtous les mois. J’ai donc eu raison d’â-vaneer qu’il nous manque encore lincorps A' Agriculture, réduit & appropriéíu climat île la France. J’ai osé risquercette entreprise sous le titre d 'cimentaAgriculture \>byJìco-botamca , &c. en la-tin & en fránqois. J’y ai joint un calen-drier A' Agriculture , tant pour les labou-reurs que pour les vignerons, dans le-quel j’ai rassemblé tous les préceptes depratique des anciens & des modernesles plus accrédités.On en verra plusieursmorceaux isolés fous cet article, & dans«eux qui auront rapport à l’écouomiechampêtre.

Pour revenir à ce qui concerne l’his-toire de VAgriculture en France, depuisle dernier régné jufqu’à présent, l’e-xemple des Anglois, les travaux mul-tipliés de nos auteurs économiques, lesencouragemens d’un ministère éclairé,les nouvelles découvertes qu’011 a faitesen physique & dans ('histoire naturelle ,des circonstances heureuses qu’il feroitlong & peut-être dangereux de déve-lopper, paroiffent enfin avoir décidé no-tre nation du côté de l’ Agriculture. Lespréjugés contre un art li noble &iì avi-li , font enfin diffipés, grâce à la philo-sophie dont la voix a appris aux hom-mes qu’ils fout égaux dans l’ordre de lanature, & que la disproportion conven-tionnelle que la différence des rangsmet entr’eux, ne fautait détruite cetteégalité ; les grands s’étant accoutumésà regarder comme pouvant être d'uneefpece semblable à fa-leur, ceux quifont nécessaires à leurs plaisirs, leur rai-son a fait un pas, & ils en sont venus àregarder de même ceux qui font nécef-ftires à leur soutien. Toutes les cau-ses d’engnurdissement sont enfin dis-sipées Cous un monarque qui veut mé-riter le titre de Èienfaisaut , en s'oe-cupant fans cesse de notre bonheur ,& qui fait que la gloire d'un sou-

A G R 679

verain est d'avoir des sujets heureux.

Depuis long-temps la sagesse attenti-ve de Louis XV, avoit déja empêché ladestruction des bestiaux ; un arrêt daconseil du 4 avril i“îo, défend de ven-dre , Tacheter ou de tuer aucune vacheencore en état de porter des veaux; unautre arrêt du 14 mars 174; , confirma-tif du premier, porte trois cents livresd’amende contre les bouchers qui tue-ront des vaches au dessous de dix anseles réglemens fur les haras ont assuré laconservation des chevaux. Les établisse-mens des écoles vétérinaires de Lyon&à A>fort; les ouvrages lumineux q»!font sortis de ces écoles, un excellenttraité des bêtes à laine , imprimé par lesordres du ministère & par les foins deM. Parent, Uc., assurent à jamais anroyaume Pétât permanent d'une floris-sante Agriculture , puisque les animauxen font la hase & le soutien.

Hiéron enseigna lui-même à ses sujetsl’artde cultiver la terre ; aufli fut.il leplus grand roi de son temps, & il surpas-sa, par sa magnificence, les plus puissansmonarques. Louis le Bien-aimé n’a pasdédaigné d'entrcr dans les mêmes détailsd’ Agriculture ; des expériences faites àTrìanon, sous ses yeux L par ses ordres,nous ont appris les causes des maladiescontagieuses qui détruisaient les espé-rances de nos moissons, & les moyensd’y remédier ; une charrue faite par" sonordre & conservée au château de Trìa-non ; une charrue , dis-je , soutenue pardes mains royales,est un événement quïannoblit pour toujours un instrumentfi vil autrefois , & un art fi injustementméprisé. Nous avons vu célébrer de nosjours une fête pareille à celles qui fontsi fameuses à la Chine , où ['empereurtrace chique année un sillon à la vue detout son peuple , atìn de rendre respec-table , par son exemple , un art qui est lesoutien de son empire. L’exemple a parainsuffisant à l’amour de notre monarquepour ses sujets, il a voulu leur procurerdes secours plus réels : un arrêt du con-seil du 16 août iyôr, pour encouragerles défrichemens, suivi de plusieurs loixfur le même objet, ont occasionné uneefpece de révolution. Le sieur Despom-miers, connu par son excellent ouvragefur ie sainfoin, dont la préface m'a fourni