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dant, presque par-tout, !e pain vautla moitié , les trois quarts & quelquefoisle double du prix de la livre de bled. En1770, je fus nommé par le parlement deBourgogne , pour faire faire des essaisdans Tabbaye de Cisteaux , en preTencede quatre conseillers-commissaires de lacour.Par le fécond de ces essais,un quin-tal de froment a produit 91 livres 19 on-ces de pain blanc & 40 livres de pain bis,en tout 151 !iv. 14 onces de pain, ce quifait, comme du temps de Piine, le tiersen fus du poids du bled , & cela fans au-tre précaution que d’avoir fait remoudrenne seconde fois les sons gras , séparéspar le blutage de ce quintal de bled ré-duit enfariné. On peut voir les procèsverbaux qui constatent ees essais & ex-périences , imprimés par ordre du parle-ment à Dijon,chez Causse,1771.Ces pro-cès verbaux font précédés d’une disserta-tion curieuse & savante , qui est le fruitdu travail de T un de MM. les commis-saires présens à ces essais, de laquelle ilrésulte que cent livres de bled doiventtoujours produire plus de cent livres depain , même dans les méthodes ordinai-res, & fans faire remoudre les sons gras.
On me pardonnera aisément d’avoirparlé dans une histoire de l’ Agriculture,de l’art de moudre les grains ; le rapportentre la classe des laboureurs quî fontvenir les grains, & la profession de ceuxqui les réduisent en farine pour notreusage , est sensible ; & le plus indispen-sable des travaux après VAgriculture, estcelui qui prépare le bled pour la nourri-ture des hommes. Plus Tépargne feraconsidérable dans cette préparation,plusJa terre fera utile an propriétaire. Cettepartie tient d’aitleurs nécessairement àl’expol'éfidelle de ce qu’a fait un ministrebienfaisant en faveur de \'Agriculture.Un seul trait servira à faire connoîtrejusqu’où s’étendent ses soins paternels ,qui ne dédaignent pas d’entrer-.lans lesplus petits détails surtout ce qui peut in-téresser Y Agriculture & la nourrituredes hommes.
11 y avoir en Bourgogne beaucoup debleds ergotes dans la récolte de 1771.Onvenojt de publier dans le Jottrn. encycl.wne dissertation de M. Schleger, où l’onprétendoit prouver par quelques expé-riences, que Tergot des grains ne produi-
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soit aucun mauvais effet fur ceux quî e»mangent dans le pain. J’avois parlé dansle Traité de la Mouture,des fuites funes-tes de Tissage des bleds ergotes, L je mecrus obligé d’appuyermon fentimentparde nouvelles recherchésije sis un petitouvrage fur les maladies des grains, pro-cédant du mauvais choix des semences,& en particulier fur les causes physiquesde Tergot, fur le danger de ce poison, (kfur les moyens d’en prévenir l’cffet. M.Maret, médecin à Dijon, qui en avoit eucommunication,crut devoir y ajouter unmémoire fur letraitementde la gangrenéseehe, occasionnée par l’ergot. M. Áme-lot, alors intendant de Bourgogne, in-formé de cet essai, k fit imprimer, lamême année, à Dijon , pour le faire dis-tribuer gratuitement dans la province.
Dans le même temps, M. Read , mé-decin à Metz, fit paraître un excellenttraité du seigle ergoté avec cette épigra-phe , fugite hinc , latet anguis in herbu.Cet habile homme me fit Thonneur dem’écrire qu’il avoit lu ma dissertation, &que, quoique nous différassions de sen-ti mens fur les causes de Tergot, nousétions d’accord fur fes effets, dont il luiparoissoit absordedevouloir révoquer endoute les influences nuisibles. Le char-bon des bleds n’apas des effets moins fu-nestes que Tergot, F. Charbon. C’ est,quand on volt les poisons mélés aux uli-mens & produits par les plantes céréales yd’où nous tirons notre nourriture jour-nalière, qu’on peut douter avec Pline ,fi la nature rt’est pas plutôt une marâtrecruelle q u’ane tendre mere pour leshommes auxquels elle fait payer si cherfes bienfaits: hominis causa uidetur cttnc-ta abia natura genuife magna &sevâmercede contra tantasua munera , ut nonJìtsatis aftirnare parens melior homini antristior noverca fuerit. Liv. VII. pref.
L’histoire des maladies des grains n'estfans doute pas étrangère à celle de Tiîgrí-culture, & je ferai à cet effet une remar-que bien honorable pour les auteurs duJourn. Trompés parles expérien-
ces prétendues de M. Schleger, ces sa-vant avoient affecté de jeter une efpecede ridicule fur ceux qui avoient donnéles moyens d«c fe garantir des funestes ef-fets de Tergot 011 bled cornu; mais à pei-ne Tauvrage de M. Read etii-il paru qu«