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trop peu me laisse pas les aiguilles in-flexibles & cassantes, l’cffet du recuitest de les empêcher de se casser facile-ment, pourvu que l’ouvrier ait atten-tion à ne leur donner que le degré dechaleur qu’i! leur faut.
Lorfqil’on jette les aiguilles dansl’eau pour les faire tremper , il leurarrive quelquefois de sc courber , de letordre & de se défigurer. Pour remé-dier à ces défauts, on les fait recuire ,& on les redresse avec le marteau.
On travaille ensuite à les polir, &pour cet effet on prend douze à quinzemille aiguilles, on les range en petits tasles uses auprès des autres fur un mor-ceau de treillis neuf, couvert de pou-dre d’éméril. Dès qu’elles font rangées,on répand par dessus de la poudre d’é-méril fur laquelle on jette un peu d'hui-le ; on roule 1e treillis, on en fait uneespece de bourse oblongue , on la serrefortement par les deux bouts avec descordes, on la porte fur la table à polirfur laquelle on met une planche épaisse,chargée d’un poids proportionné , sus-pendue par deux cordes. Un ou deuxouvriers font aller & venir cette char-ge furie rouleau ou bourse pendant unjour & demi ou deux de fuite, & pourlors les aiguilles, enduites d’éméril, 1epolissent insensiblement, selon leur lon-gueur par le frottement continuel destines contre les autres.
Lorfqu’il y a plusieurs ouvriers à po-lir, le poids est suspendu par quatrecordes égales, & la table est posée ho-rizontalement. Lorsqu’on n’employequ’un ouvrier, le poids est suspenduque par deux cordes, & pour lors latable est inclinée. En Allemagne, on sesert de moulins à eau pour faire agirles polissoires.
Les aiguilles étant polies, on les lessi-ve, c’est-à-dire qu’on les jette dans l’eauchaude & du savon pour en détacher lecambouis qui sVst formé par {'huile &les particules d’acier & d’éméril dont lesaiguilles étoient enduites.
Après la lessive , on étale du son surlequel on étend tes aiguilles encore hu-mides ; elles s’en couvrent en les re-muant un peu, & lorfqn’elles en fontchargées, on les met avec ce son danstinejíoîte ronde, suspendue enl’airjmr
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une carde, & qu’on agite jiifqn’à cequ’on juge que le son & les aiguilles ontperdu leur humidité. On sc sert encoremieux d’une boite quarrée , traverséepar un axe, a une des extrémités duquelest une manivelle qui sert à mettre enmouvement la boite , les aiguilles & leson ; c’est ce qu’on appelle vanner lesaiguilles.
Après avoir fait deux ou trois fois cetteopération avec deux ou trois sens diffé-rents, on tire les aiguilles du van, onles met dans des vases de bois ; & com-me il n’est pas possible qu'il n’y en aitplusieurs dont ia pointe ou le cul ne sclouait casses dans la | olissoire & dans levan, on les trie en séparant les bonnesdes mauvaises.
En ses triant on leur met à toutes lapointe du même, cdté, ce qu’on appelledétourner les aiguilles. 11 ne s’agit plusqne de les empointer pour les finir ; c’estce qu'un ouvrier exécute en faisant rou-ler îa pointe des aiguilles fur une pierred'éméril quiesten mouvement aumoyend’une roue à main.
L’affinage étant fait , on les ossifieavcc des linges mollets & secs ; on faitdes paquets qu’on distingue par numé«ro : la grosseur des aiguilles va toujoursen diminuant depuis le premier numé-ro jusqu’au numéro vingt-deux.
Chaque paquet doit porter le nom& la marque de l’ouvrier , être couvertde gros papier blanc, plié en six ou septdoubles, ficelé, & ensuite recouvert dedeux vessies de cochon ; on le ficelleencore, & on l’enveloppe d’unc grossetoile d’emballage peur que les aiguillesne puissent point se courber.
L 'aiguille à mâche, dont sc serventles chandeliers pour fabriquer des chan-delles moulées, est un fil de fer, longd’un pié, qui a un petit crochet à unbout & une espece d’anneau à l’autre-On s’en sert pour passer la mèche dansle moule en h tirant vers le haut par{'ouverture d’en bas. Les chandeliersont encore une seconde aiguille pourenfiler les chandelles avec des pennes& les mettre en linures. Ces pennessont les bouts de fil qui restent de lachaîne des toiles après que les tisse-rands ont levé leur ouvrage de dessus lemétier, Çette seçomle aiguille, longue