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gestions, qu'on prend pour des tranchées.II faut bien se garder de leur donner deshuiles quand on croit qu’ils ont des tran-chées ; elles font lourdes & indigestes, &augmentent la cause du mal qu'on veutdétruire: ii l’on eroyoit qu’un enfant eûtabsolument besoin de manger, on pour-roit lui donner un peu de biscuit ou dupotage. O11 ne doit lui donner de la bouil-lie que rarement, L faite avec de la fa-rine cuite an four : il seroit encore mieuxde faire la bouillie avec de la mie de painbien réduite en poudre.
Lorsque les enfans n’ont point de tran-chées , ils dorment presque toujours pen-dant les deux premiers mois après leurnaissance ; ils faut les laisser jouir de cerepos, L ne leur rien faire qu’ils ne soientbien éveillés. Quand on a interrompuleur sommeil plusieurs fois de fuite , ilsont de la peine à le reprendre, ils s’agi-teut, ils crient, on croit qn’ils ont destranchées, ou leur donne des droguesqui leur en causent, & on leur nuit beau-coup. Lorsqu’ils ont véritablement destranchées, un des meilleurs remedesqu’on puisse employer, c’est de leur don-ner beaucoup de mouvement ,& de leurfaire prendre des yeux d’écrevisse, del’eaii de miel & du sirop de chicorée.
Il ne faut couvrir leur berceau qued’une gaze,pour les garantir des infectes,& afin que l’air puisse toujours agir fureux. Les mauvaises odeurs font lin ef-fet prodigieux & funeste fur les petitsenfans ; il fa n t avoir grand foin de renou-velle souvent l’air de leur chambre, &de n’v laisser aucune mal-propreté.
II faut changer les enfans lorsqu’ilsfont mouillés avec du linge sec, mais ja-mais chaud, & les laver avec de l’eaufroide au moins deux fois par jour dansles plis des cuisses avec une petite épon-ge ; par ce moyen les enfans les plus grasne se couperont point, & n’auront pasdes rougeurs ni des cuissons qui les fontcrier. Dans la belle saison il faut lavertout le corps des enfans avee de l’eaufroide ; cette pratique leur fortifie les ge-noux & les reins. II faut encore leur la-ver le derrière des oreilles & la tête en-tiere , en évitant d’appuyer fur la fonta-nelle , & la lent brosser souvent, pourempêcher qu’il pe fe forme ce que lesnourrices appellent le chapeau-
II est à souhaiter que les enfans aient
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le ventre libre lorfqu’ils font les dents:ce relâchement les garantit des convul-sions qu’ils auroient s’ils étoient resser-rés. Ils doivent en tout tems évacuer tousles jours t s’ils y manquent, il faut leurfaire boire de l’eau de mie!, & leur ap-pliquer un petit suppositoire de savon :& si la constipation duroit trop , il fau-droitleur faire prendre un peu de siropde pomme.
II faut tâcher de leur donner à tetterjusqu’à ce qu’ils aient une vingtaine dedents , parce qu’à chaque fois qu’il leuren pousse, leur estomac est plus foiblaqu’à rordinaire, & ils digèrent difficile-ment ce qu’ils mangent alors. C’eft uneerreur absurde de croire que les enfansqui tettent long-tems, ont l’efprit lourd& tardif ; le lait de la mere leur convienten tout tems, & ils n’en prennent qu’au-tant qu’il leur en faut.
Nous terminerons cette matière endonnant le précis de l’article de l’avis auxmeres qui veulent nourrir leurs enfans,par madame L. R. intitulé : Des inconvé-nient qu'on évite en nourrijsant set enfansfii-mlme. Si l’on faisoit attention à laquantité prodigieuse de personnes desdeux sexes qui font d’une mauvaise san-té, & qu’on sentît vivement le malheurde celles qui font dans cette fâcheuse si-tuation pour le reste de leurs jours, onchercheroit les différentes causes qui ontpu produire ces mauvais effets, & l’ontrouveroit que la plupart des ces person-nes infirmes ont été négligées dès leurnaissance. Lorsqu’on abandonne un era-fansàdes mains étrangères , on devroitréfléchir qu’on l’expofe à être malheu-reux pendant tout fa vie, & que la dif-formité empêche souvent un garqon defe placer & une fille de se marier.
Lorsqu’on donne un enfant à une nour-rice , on espere qu’il viendra bien , parceque dans la quantité de ceux qui font misen nourrice, on en voit qui ont le bon-heur d’en revenir en bonne disposition tmais on ne tient pas registre dans lesvilles de tous ceux qui ont péri en nour-rice faute de bons foins. Je suppose qu’ìlrevienne dans les villes la moitié des en-fans qui vont en nourrice ; ceux de cettemoitié qui se portent le mieux, sontceux qu’on voit le plus; les malades & lesestropiés font renfermés, & ceux qui sontmorts dans les campagnes nouséchappent*