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On dit qh’ii cn meurt beaúçoup dans Ijetravail des dents; c'est parce que la ma-niéré dont on les a conduits les a mishors d’état de soutenir cette opération dela nature. Beaucoup d’enfans ont été re-tirés des mains d’une nourrice négligen-te , ou dont le lait a été reconnu mal-fai-fant, & sont morts entre les mains d’uneautre, qu on croyoit bonne , par les fui-tes des mauvais foins de la premiere.Plus un enfant est jeune, plus le traite-ment qu’íl reçoit lui fait de bien ou demal. Un enfant qui n’a pas été bien con-duit , & qui a pris une mauvaise nour-riture pendant les premiers jours de fanaissance, surmonte très - difficilementies infirmités qui en résultent.
Une mère se tranquillise quelquefoisfur le fort de son enfant, parce qu’elleignore le danger qu’il court, & en disant,il n’eft pas loin , je le verrai souvent. Ellevisite fréquemment son enfant, & ellesait très-bien. Si elle le trouve en bonnemain , c’est un grand bonheur ; s’il estmédiocrement bien, elle le laisse où il est,parce qu’elle doute si le mauvais état deson enfant vient de la nourrice ou de fadélicatesse naturelle. Si Pensant est fortmal, elle le change de nourrice. Eh!comment sera-t-on certain que la secon-de vaudra mieux que la premiere, qu’onavoit crue bonne ? Quand elle seroit meil-leure , est-il sûr qu’il ne soit pas trop tardde changer de nourrice , & que pendantsix semaines ou deux mois qu’un enfanta pâti, fou tempérament ne soit pas affoi-bli au point qu’il ne puisse plus profiterdes bons foins & du bon lait d'une autrenourrice ?
On croît pouvoir juger des foins d’unenourrice en allant tous les jours chez el-le; mais sanra-t-on,pour une heure qu’ony passe à chaque fois, fi Pensant tettesouvent, fi la bouillie ne Fait pas sa prin-cipale nourriture, si on ne le laisse pastrap crier, s’il est changé chaque fois qu’ilest sale , si l’on ne lui laisse pas perdre sesforces au lit au lieu de le mettre augrand air, si le frere de lait ne tette pas ?
Pour qu’une mere fût sûre que la nour-rice , même étant dans fa maison sous sesyeux, fait parfaitement son devoir, ilfaudroit qu’elle la gardât à vue jour &nuit : autant vaudrait qu’elle nourrît el-le-même ; elle éviteroit par-là le désa-grément de voir son eníapt Rattacher à
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Une étrangère, & lui refuser des caressesqn’elle auroit dû mériter. C’est en vainqu’on se flatte de regagner par la suite laménie force rie tendresse de la part de sesenfans, que si on les avoit allaités soi-même.
Parmi les enfans qui réussissent lemieux en nourrice, on en voit très-peu-qui soient bien en tous points. II y eu aquiparoissent forts L gras; mais l’un tendle derriere , Vautre dandine ; celui - ci ales genoux en dedans , celui-là a les reinsfoibles , un autre a une descente ; l’unlouche sans que cela lui soit naturel,Vautre a une brûlure quelque part: c’estune chose rare que de voir un enfant tmnourrice qui n’ait pas quelque difformitéou infirmité accidentelle, apparente oucachée. 11 y en a plusieurs qui ont le car-reau , un gros ventre, des vers; ils tettentle ponce presque tous ; ils restent long-temps sales de nuit ; beaucoup sont de lapetite espece,& n’en auroient pas été s’il seussent été nourris par leur mere : & ungrand nombre deviennentétiques.
11 y a à présent une maladie fort com-mune auxenfanstell e est connue fous lenom d’humeurs froides. J’imagine que sil’on ne mettoitpas les enfans en nourri-ce,cette infirmité seroit moins commune.Les dartres sont auffi très-répandues. Quifait fi elles ne font pas une fuite d’unmauvais lait pris en naissant ? Beaucoupd’enfans enfin ont la vuç foible , & nepeuvent pas regarder le grand jour, par-ce qu’ìls ont été trop renfermés.
Quand les nourrices dela campagne au-roient la bonne volonté «e faire leur de-voir, lorsqn’elles sont peu payées, il estimpossible qn'elles passent auprès des en-fans tout le temps qui seroit nécessaire ,en suivant leur routine. Celles qui nc tra-vaillent point aux champs sort chargéesdu détail de l’íntériefur dela maison , quiest considérable. Lorfqu’elles sortent, anlieu d’emporter leur nourrisson avec el-les, ce qui lui seroit beaucoup de bien,el-les lui laissent perdre ses forces dans ielit, ou elles le livrent à «Vautres enfans.Une nonrriçe occupée dans la maison , &entourées «l’enfans qui crient, pect ellerenoncera tout pour le nourrisson? D’aìi,leurs doit-on se flatter qn'une femme qu;sevré son propre enfant par intérêt, &qui par-là Pexpose à mourir , aura quel-que pitié d’un enfant étranger ?