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Tome second. AL - AOU.
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bords. Chaque feuille flotte horizontale,ment fur l’eau , son pédicule se prêtant àses niouvemens.

Chaque pié produit environ cinq à flxfleurs distinctes, portées chacune fur unpédoncule qui fort de faisselle d'unefeuille, ce pédoncule est un peu plus longqu’elles, de quinze pouces environ, furfix lignes de diamètre. La fleur,avant des’épanonir,forme un bouton ovoide,poin-tu , d’un à deux pouces de longueur ; ens’épanouistant, elle représente une rosedouble, ouverte horizontalement, dequatre pouces de diamètre , composée dequinze feuilles étagées ou disposées furtrois rangs, chacun de cinq, dont les dixintérieurres fout blanches, & les cinq ex-térieures qui tiennent lieu de calice, fontcouleur de rosc-clair en-deffus & verdâ-tres en-dessous. Ces feuilles font ellipti-ques, charnues, assez semblables à celles«fuite tulipe, deux fois plus longues quelarges ; & quoiqu’elles aient l’apparenced'une corolle , elles u'eu ont cependantd'autre caractère que la couleur, commedans la tulipe; card’ailleurs elles n'ontqu’nne structure groffiere , une substanceépaisse; elles ne tombent que lorfqu’el-Jes font pourries ; elles font corps avecla moitié inférieure de l’ovaire fur lequelelles font implantées par étages; enfin cen’est qn'un vrai calice. Sur l’autre moi-tié de f ovaire font attachées environ qua-rante étamines faisant corps avec lui, &disposées fur deux rairgs dont l'intérieurest plus court, fort serrées , contiguësaux feuilles du calice, & deux à trois foisplus courtes qil’elles : ce font des filetsplats , portant vers leur extrémité qui estpins large, une anthère oblongue, jaune,qui s’nnvre longitudinalement en deuxloges, & qui répand une ponflìere compo-sée de molécules ovoïdes , blanchâtres &transparentes. Ali milieu de cette fleur &de ces étamines qui couvrent entièrementl’ovaire, celui-ci ne paroìt que par sesi quinze stigmates plats qui rampent furson centre,comme autant de rayons en ro-se Jaunâtres,plus étroits à leur origine,&arrondis à leur extrémité. Cet ovaire, cnmûrissant, devient une capsule charnue ,sphérique, d’un pouce à un pouce & demide diamètre,comparable à celle du pavotspartagée de même en quinze cellules parautant de cloisons membraneuses un peucharnues, do ut les parois font couvertes

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de semences qui y font attachées horizon-talement. Ces graines font ovoïdes, fortpetites, d'abqrd blanches, ensuite cen-drées dans leur maturité.

Qualités. Toute cette plante a une sa-veur aqueuse.

Usages. Le tubercule de sa racine, quiest charnu , plus tendre que la châtaigne,& d'une saveur aqueuse , astringente , semange crud iflfis tous les pays où ellecroît. II a plus de goût étant cuit dansseau ou fur les charbons. C’est une gran-de ressource dans les temps de disette. Onmange auflì communément le s graines deì'ambel comme celle s du pavot ; mais aveccette différence que celies-ci rafraîchis-sent fans assoupir , &qu’on en peut man-ger cinquante têtes fans cn être incom-modé!

Remarques. Les anciensappelloient dunom général de lotos , toutes les plantesqui ait défaut des nourritures ordinaires,pouvoient y suppléer; le diospyris ouguaiaccma , le micacoulier celtì , le juju-bier, & le laurier cerise, Furent de cenombre parmi les arbres ; & il n’est pasdouteux que Vatnbel ne soit le lotos JE-gyftia ou le lotos des marais, décrit parThéophrafte , liv. IV, chap. io , & parPline liv. XIII , chap. 17. 8a racine estappellée corjlon par les Grecs,selonThéo-phraste, kélangu a u Malabar, gahtm auxIndes, & tat au Sénégal.

Seconde efpcce. Ar eca-Ambel. L’a-reca-ambel est , selon Rheede, une autreespece d'ftmhel dont il donne la descrip-tion sans figure dans son hortus Maluba-rìcus , vol. XI , pag. 52, qui n’en diffé-ré presque qu’en ce qu’elle est plus hau-te, qu’elie a ses feuilles un peu plusgrandes, moins rosées, plus blanches,relevées d’1111 petit tubercule au centredes stigmates.

Elle a les mêmes vertus , & indépen-damment de l’usage qu’on en fait pour lanourriture, elfe sert auflì-bien qu’ellecomme remede dans plusieurs maladiesoù il est nécessaire de rafraîchir. A ceteffet , on confit ses graines au sucre pourles manger au besoin. La décoction de saracine se boit dans les difficultés d’uri-ner. Ses feuilles pilées avec celles de:1 ’ottel-ambel, qui eft un ftratiote , & cui-tes dans le beurre , font un sternutatoiretrès-recommaiuté pour les douleurs desyeux. (M. AHanfon) , -