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"corps ou cette substance étendue, a desparties les unes hors des autres, quoiqn’àparler métaphysiquement, elles soienttoutes de même nature. Or c’eft du corps,tel qn’ii existe dans la nature, que je sou-tiens contre Spinosa qu’il n’est pas capa-ble de penser.
L’esprit de Thomme est de sa natureindivisible. Coupez le bras ou la jambeil’un homme, vous ne divisez ni ne di-minuez son esprit; il demeure toujourssemblable à lui-même , & suffisant à tou-tes ses opérations, comme il étoit aupa-ravant. Or si Vaine de l’homme ne peutêtre divisée , il faut nécessairement quece soit un point, ou que ce ne soit pas uncorps. Ce seroit une extravagance de di-re que l’esprit de l’homme fut un pointmatbémathique, puisque le point mathé-matique n’exifte que dans l’rmagination.Ce n’est pas aufiì un point physique onim atome. Outre qu’un atome indivisiblerépugne par lui-méme,cette ridicule pen-sée n’est jamais tombée dans l’esprit ri’au-cun homme,non pas même d’aucun épicu-rien. Puis donc que Vaine de l’homme nepeut être divisée , & que ce n’est ni un a-tome ni un point mathématique, ils’en-i'uit manifestement que ce n’est pas uncorps.
Lucrèce, après avoir parlé d’atoniessubtils qui agitent le corps, fans en aug-menter ou diminuer le poids, comme onvoit que l'odeur d’une rose ou du vin ,quand elle est évaporée, n’ôte rien à lapesanteur de ces corps, Lucrèce, dis-je ,voulant ensuite rechercher ce qui peutproduire le sentiment en l’homme, s’esttrouvé Fort embarrassé dans ses principes :il parle d’unc quatrième nature de Vainequi n’a point de nom, L qui est composéedes parties les.plus déliées & les plus po-lies , qui font comme i’mne de i ’ame elle-mème. On peut lire le troijîeme livre dese poète philosophe,& on verra sans pei-ne que sa philosophie est pleine de ténè-bres & d’obfcurités , & qu’elle ne satis-fait nullement la raison.
Quand je me replie sur moi-mème, jem'apperçoís que je pense, que je réflé-chis fur ma pensée , que ,'affirme, que jenie , que je veux, A que je ne veux pas.Toutes ces opérations me tout intime-ment connues: quels: en est la cause?ç’est mon esprit : mais quelle est la natu-re Si C’est un corps, ces actions auront ;
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nécessairement quelque teinture de cettenature corporelle ; elles conduiront né-cessairement l’esprit à reconnoître la liai-son qu’il a par quelqu’endroit avec lecorps & la matière qui le soutient commeun sujet, & le produit comme son effet.Si ou pense à quelque chose de figuré, demou ou de dur, de sec ou de liquide , quisoit en mouvement ou en repos, l’espritse porte d’abord à se représenter unesubstance qu! a des parties séparées lesunes des autres, &qui est nécessairementétendue. Tout ce qu’on peut s’imaginerqui appartient a u corps, toutes les pro-priétés de ia figure & du mouvement,conduisent l’esprit à reconnoître cette é-tendue, parce que toutes les actions &toutes les qualités du corps en émanent,comme de leur origine ; ce font autant deruisseaux qui menent nécessairementl'esprit à cette source. On conclut donccertainement que la cause de toutes sesactions , le sujet de toutes ses qualités, estune substance étendue. Mais quand onpasse aux opérations de Verne , a ses pen-sées, à ses affirmations, à ses négations,à ses ûlées de vérité, de fausseté , àl’acte de vouloir & de ne pas vouloir,quoique ce soient iles actions clairement& distinctement connues, aucune d’eliesnéanmoins ne conduit l’esprit à se Formerl’idée d’une substance matérielle & éten-due. II faut donc de nécessité conclurequ’clles n’ont aucune liaison essentielleavec le corps.
On pourrait bien d’abord s’imaginerque l’idée qu’on a de quelqil’objet parti-culier, comme d’un chevai ou d'un arbre,seroit quelque chose d’étendu , parceqn’on se figure ces idées comme de petitsportraits semblables aux choses qu’ellesnous représentent; mais quand on y faitplus de réflexion, on concoit aisémentque cela ne peut être: car quand je dis,ce qui a été fait, je n’ai l’idée ni le por-trait d’aucune chose : mon imaginationne me sert ici de rien; mou esprit ne seforme l’idée d’aucune chose particulière,il conçoit en général l’existence d’unechose. Par conséquent cette idée, ce quia été fait , n'est pas une idée qui ait reçuquelqu’extenfion, ni aucune expressionde corps étendu. Elle existe pourtantdans mou ame , je le sens : fi donc cetteidée avoît quelque figure , quelqu’exten-íion, quelque mouvement, comme elle