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ne provient point île l’objet, elle auroitété produite par mon eiprit, parce quemon esprit seroit lui-rnême quelque cho-se d'éteiidu. Or fì cette idée sort de monesprit, parce qu’il eit formellement ma-tériel & étendu , elle aura reçu de cetteextension qui saura produite, une liaisonnécessaire avec elle , qui la sera connoî-tre, & qui la présentera d’abord à l’es-prit.
Cependant de quelque coté que je tour-ne cette idée , je n’y apperçois aucuneconnexion nécessaire avec retendue. Ellene me paroît ni ronde , ni quarrée , ni 'triangulaire; je n’y conçois ni centre, nicirconférence,ni baie, ni angle, ni diamè-tre, ni aucune autre chose qui résulte desattributs d’un corps ; dès que je veux lacorporifier, ce font autant de ténèbres &d’qbfcurités que je verse sur la connuis-sance que j’en ai. La nature de l’idée sesoulevé d’elle-même contre tous les attri-buts corporels, & les rejette. N’est ce pasune preuve fort sensible qu’on veut y: insérer une matière étrangère qu’elle re-pousse, L avec laquelle elle ne peutavoir d’union ni de société ? Orcette an-tipathie de la pensée avec tous les attri-buts de la matière & du corps , si subtil,fi délié, fi agité qu’il puisse être , seroitsans contredit impossible, si la penséeémanoit d’une substance corporelle &étendue. Dès que je veux joindre queì-qu’étendue à ma pensée, & diviser la moi-tié d’une volonté ou d'une réflexion,je trouve que cette moitié de volontéi ou de réflexion est quelque chose d’ex-i travagent & de ridicule : ou peut rai-; sonner de même , fi ou tâche d’v joindrela figure & le mouvement. Entre unej substance dont i’eífence est de penser,& entre une pensée, il n’y a rien d’ìn-ji termédiaire , c’est une cause qui atteinti immédiatement son effet ; de forte q u’ill ne faut pas croire que l'étendne, la figureou la mouvemont aient pu s’y glisser pardes voies iubreptices & sécrétés , pour ydemeurer incognito. Si elles y font, il fautnécessairement ou que ia pensée ou quela faculté de penser les découvre : or il est' clair que ni la faculté de penser ni la pen-j fée ne renferment aucune idée d’éteudue,
: défiguré ou de mouvement. II est donc; certam que la substance qui pense, n’estpas une substance étendue, c’est-à-dire uncorps.
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Spinosa pose comme un principe de saphilosophie, que l’cfprit n’a aucune fa-culté de penser ni de vouloir; mais feu-lement il avoue qu’il a telle ou telle pen-sée , telle ou telle volonté í ainsi par l’en-tendement il n’entend autre chose queles idées actuelles qui surviennent àl’homme.Il faut avoir un grand penchantà adopter l’abí'urdité , pour recevoir unephilosophie si ridicule. Afin de mieuxcomprendre cette absurdité , il faut con-sidérer cette substance en el!e-même, Sipar abstraction de tous les êtres singuliers,& particulièrement de l’homme; car puis-que l’existence d'aucun homme n’est né-cessaire , il est possible qu’il n’y ait pointd’homme dans l’univers. Je demandedonc si cette substance considérée ainsiprécisément en elle-même, a des pensées ,ou si elle n'en a pas. Si elle n’a point depensées, comment a t-elie pu en donnerà l’homme, puifqu’on ne peut donner cequ’on n’a.pas ? Si elle a des pensées, jedemande d’où elles lui font venues ; fe-ra-ce de dehors ? mais outre cette substan-ce, il n’y arien. Sera-ce de dedans ? maisSpinosa nîe qu’il y ait aucune faculté depenser, aucun entendement ou puissance,comme il parle. De plus, si ces penséesviennent de dedans, ou de la nature de lasubstance, elles fe trouveront dans tousles êtres qui posséderont cette substance ;de sorte que les pierres raisonneront auf.si-bien que les hommes. Si on répond quecette substance, pour être en état de pen-ser, doit être modifiée ou façonnée de lamaniéré dont l’bomme est formé , ne se-ra-ce pas un dieu d’une assez plaisante fa-brique? un dieu , qui tout infini qu’il est,est privé de toute eonnoiflànce , â moinsqu’il n’y ait quelques atomes de cettesubstance infinie , modifiés & façonnéscomme est i’bomme, afin qu’on puisse direque ce dieu a quelque eonnoiflànce ;c’est-à-dire, en deux mots , que fans legenre humain dieu n’auroit aucune con-noiffance.
Selon cette belle doctrine, un vaisseaude crvftal plein d’eau aura autant de eon-noissancç qu’u n homme; car il reçoit lesidées des objets de même que nos yeux,II est susceptible des impressions que cesobjets l«i peuvent donner ; de forte ques’il n’y a point d’cntendement ou de fa-culté capable de penier & de raisonner àla présence de ees idées, & que les résie-V r