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quatre principales sectes de philosophesqui ftorissoient dans la Grece. Tous cesphilosophes ne croyoient donc pas Vameimmortelle ail sens que nòus 1 enten-dons.
Mais pour dire ici quelque chose deplus précis, lorsque Fia ton insistq en plu-sieurs endroits de ses ouvrages fur le dog-me des peines & des récompenses d’uneautre vie, comment le fait-il ? c’est tou-jours eií suivant les idées groffieres dupeuple; que les âmes des méehans pas-sent dans le corps des ânes & des pour-ceaux ; que ceux qui n’ont point été ini-tiés restent dans la fange & dans la boue ;qn’il y a trois juges dans les enfers : ilparle du Styx,du Cocyte & de l’Achépon,&c & il y insiste avec tant de Forcé, quel’on peut & que l’on doit même croirequ’il a voulu persuader les lecteurs aux-quels il avoit destiné les ouvrages où ilen parle, comme te Phédon, le Gorgias,fa république, &c. Mais qui peut s’ima-girier qu’il ait été lui-même persuadé detoutes ces idées chimériques ? Si Platon,le plus subtil de tous les philosophes, eûtcru aux peines & aux récompenses d’uneautre vie, il l’eût an mains laissé entre-voir comme ii l a fait à ]’égard de l’éter-nité de ! 'aine, dont il étoit intimementpersuadé; c’est ce qu’on voit dans sonEpinomis ,lorsqu’il parle de la conditionde l’homme de bien après fa mort. “ J’as-sure, dit-il, très-fermement, en badinantcomme sérieusement, que lorsque la mortterminera Ta carrière, il sera à sa dissolu-tion dépouillé des sens dont il avoit i’u-fageici-bas; ce n’est qu’alors qu’il par-j ticipera à une condition simple & uni-! que; & fa diversité étant résolue dans! l’unité, il fera heureux, sage,L fortuné.,,j Ce n’est pas fans dessein que Platon est! obscur dans ce passage. Cousine il croyoitque Vame se réunissoít finalement à lasubstance universelle & unique de la na-ture dont elle avoit été séparée , & qu’el-le s’y confondoit, fans conserver uneexistence distincte, il est assez sensibleque Platon insinue ici secrètement quelorfqu’il badinoit, ii enl'eignoit alors quej l’homme de bien avoit dans l’autre vie| une existence distincte , particulière, &( personnellement heureuse , conformé-i ment à i’opinion populaire sur la vie fu-,i turc; mais qúé lorl'qu’il parlait scrieii-|l seinent, il ne croyois pas que cette
AME Zis
existence fùt particulière & distincte:il croyait au contraire que c’étoit unevie commune, fans aucune sensation per-sonnelle, une résolution de Vante dans lasubstance universelle. J’ajouterai seule-ment ici, pour confirmer ce que je viensde dire, que Platon dans son Tintée s’ex-plique plus ouvertement, & qu’il yavoue que lestourmens des enfers sontdes opinidns fabuleuses.
En effet, les anciens les plus éclairésont regardé ce que ce philosophe dit despeines & des récompenses d’une autrevie ì' comme chose d’nn genre exotéri-que, c’est-à-dire, comme des opinionsdestinées pour le peuple, & dont il necroyait rien lui-même. Lorsque Chrysip-pej’fameux stoïcien, blâme Platon de s’ê-tre servi mal-à-propos des terreurs cì’unevie Future pour détourner les hommesde {'injustice, il suppose lui-méme quePlaton n’y ajoutoitaucune foi; il ne lereprend pas d’avoir cru ces opinions,mais de s’ètre imaginé que ces terreurspuériles pouvoient être utiles an progrèsde la vertu. Strabon fait voir qu’il est dumême sentiment, lorsqu’en parlant desbrachmanes des Indes, il dit qu’ils ont,à la maniéré de Platon , inventé des fa-bles concernant Pimmortalité de Vante &le jugement futur. Cesse avoue que ceque Platon dit d’un état futur & des de-meures fortunées destinées à la vertu,n’est qu’une allégorie. II réduit le senti-ment de ce philosophe sur la nature despeines & des récompenses d une autrevie , à i’i.lée de la métempsycose qui ser-voit à la purification des antes} L lamétempsycose elle - même se réduisoitfinalement à la réunion de Vame avec lanature divine, lorsque Vame, pour meservir de ses expressions, étoit devenueassez forte pour pénétrer dans les hautesrégions.
Les Péripatéticiens & les Stoïciensayant renoncé au caractère de législa-teurs, parloient plus ouvertement con-tre les peines & les récompenses d’imeautre vie. Auísi voyons-nous qu’Aristotes’explique lans détour & de la maniéréla plus dogmatique, centre les peines& les récompenses d’une autre vie:“ La mort, dit-il, est de toutes les cho-ses la plus terrible ; c’est la fin de notreexistence, & après elle , l’homme n’a ntbien à espérer, ni nui à craindre. „
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