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Epictete, vrai stoïcien s’il y en eût ja-mais, dit en parlant de la mort: " Vousn’allez point dans un lieu de peines : vousretournez à la source dont vous étés sor-tis, à une douce réunion avec vos élémensprimitifs ; il n’y a ni enfer, ni Achéron,ni Cocyte, ni Phlégéton. „ Sénéque dansfa consolation à Marcia , tille da fameuxstoïcien Crémutius Cordns , «connoît &avoue les mêmes principes avec aussi peude détour qu’Epîctete : “ Songez que lesmorts ne ressentent aucun mal; la ter-reur des enfers est une fable; les mortsn’ont à craindre ni tênebres, ni prison ,ni torrent da feu, ni fleïrve d’ouhli ; iln’y a après la mort ni tribunaux-, ni cou-pables; il régné une liberté vague fanstyrans. Les poètes dennant carrière àleur imagination , ont voulu nous épou-vanter par de vaines frayeurs: mais lamort est la ftn de tonte douleur , le termede tous les maux; elic nous remet dansla même tranquillité où nous étions avantque de naître. „
Cicéron dans fés épîtres familières, oùîl fait connoître les véritables sentimensde son cœur, dans ses offices même, fedéclare expressément contre ce dogme:" La consolation , dit-il dans une lettreàTorquatus, qui m’est commune avecVous, c’est qu’en quittant la vie, je quit-terai une république dont je ne regrette-rai point d’être enlevé ; d’autant plus quela mort exclut tout sentiment. ,, Et ildit à son ami Térentianus : “ Lorsqueles conseils ne fervent plus de rien, ondoit néanmoins, quelque chose qu’il puis-se arriver, les supporter avec modéra-tion , puisque la mort est la tìn de touteschoses.,, II est certain que Cicéron dé-clare ici ses véritables senti mens. Cefont des lettres qu’il écrivoit à ses amispour les consoler, lbrsqu'il avoit besoinlui-mëme de consolation , à cause de latriste & mauvaise situation des affairespubliques : circonstance où les hommesfont peu susceptibles de déguifeinens &d’artifîces , L on ils sont portés à déclarerleurs sentimens les plus secrets. Les pal-sages qne l’on extrait de Cicéron pourprouver qu’il croyois l'immortalité deVante , ne détruisent point ce gu’on vientd’avaucer: car l’opiuion des païens furrimmuvtalité de feu/e, bien loin de prou-ver qu’il y eût après cette vie i;n état depeines & de lécoinp .’uies, est incorapati-
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ble avec cette idée , & prouve directe-ment le contraire, comme je l ai déjafait voir.
La plus belle occasion de discuterquels éto:ent les vrais sentimens des dif-férentes sectes philosophiques fur le dog-me d’tm état futur , fe présenta autre-fois dausRome, lorsque César pour dis-suader le sénat de condamner à mort letpartisans de Catilina , avanqa que la mortn’étoit point un mal, comme fe l’imagi-noient ceux qui prétendolent l’infligerpour châtiment ; appuyant son senti-ment par les principes connus d’Epicurefur la mortalité de Marne. Caton & Ci-céron, qui étoient d’avis qu’on Fît mourirles conspirateurs, n’entreprirent cepen-dant point de combattre cet argumentpar les principes d’une meilleure philo-sophie; ils fe contentèrent d’alléguer l’o-pinion qui leur avoit été transmise parleurs ancêtres sur la croyance des peines& des récompenses d’une autre vie. Aulieu de prouver que César étoit un mé-chant philosophe, ils se contentèrentd’insinuer qu’il étoit un mauvais citoyen.C'étoit éluder Vargmnent z & rien n’é-toit plus opposé aux réglés de la bonnelogique que cette réponlc, puisque c’é-toit cette autorité même dc leurs maîtresque César combattait par les principesde la philosophie grecque. 11 est doncbien décidé que tous les philosophesGrecs n’admettoient point l’immortalitéde Marne dans le feus qtie nous la croyons.Mais avons-nous des preuves bien con-vaincantes de cette immortalité ? S’ils’agit d’une certitude parfaite, notre rai-son ne sauroít la décider. La raison nousapprend que notre aine a eu un commen-cement de fou existence; qu’une causetoute-puissante & souverainement librel’ayant une fois tirée du néant, la tienttoujours fous fa dépendance, & la peutfaire cesser dès qu’elle voudra, comme-ellel’a Fait commencer dès qu’tlle a vou-lu. Je ne prìis m’asstirer que mou ainesubsistera après !a mort, & qu’elle subsi-stera toujours, à moins que je ne sache ceque îe Créateur a résolu sur sa destinée.C’est uniquement sa volonté qu’il fautconsulter ; & l'on ne peut connoître taVolonté s’il ne la révélé. Les feules pro-messes d’nne révélation peuvent doncdonner nue psi j ne qstiirance fur ce sujet ;& nous n'en doutíVons pas, si nous vou-